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L’empereur Frédéric II ( 1194-1250) qui finira déposé par Innocent IV au concile de Lyon en 1245, sera le premier, en 1221, à promulguer des constitutions ou des arrêts qui prescriront de lourdes peines, pouvant aller jusqu’à la mort, à l’encontre de ces nouveaux sectaires. Le roi Saint-Louis (1214-1270) usera aussi de sa plume anti-hérétique.
En 1223, année charnière, l’ordre des Mendiants (fondé selon les uns, réorganisé selon d’autres, et composé, en ce XIII° siècle, pour les parties les plus importantes des Carmes, des Franciscains, des Dominicains et des Augustins) va devenir ce que l’on ne nommera plus que, sur le ton du murmure respectueux et craintif, l’Inquisition.
L’Inquisition (du latin inquirere= enquête) tire son origine du IV ° concile de Latran ( il y eut cinq concile à Latran: 1123. 1139. 1179. 1215. 1512-1517) et des papes Lucius III (Ubaldo Allucingoli 1181-1185) et Innocent III (Giovani Lotario, comte de Segni 1198-1216).
A partir du XII° siècle, on peut affirmer que les différentes hérésies affolent non seulement les responsables de la Chrétienté mais aussi les représentants des institutions laïques. Il y eut dans ce climat de suspicion quelques exécutions sommaires.
En 1162, Louis VII, époux d’Aliénor d’Aquitaine, de Constance de Castille (1154) et, en troisième noce, d’Adèle de Champagne (1160) signale au pape Alexandre III (Rolando Bandinelli 1159-1181), les méfaits des manichéens dans les Flandres et lui demande d’intervenir avec la plus extrême sévérité. Cet échange épistolaire va aboutir à la décision de convoquer un concile à Tours, en 1163, qui sera chargé de prendre toutes les mesures nécessaires contre “ce chancre” qui se répand à travers tout le pays. Le concile ordonnera à tous les représentants religieux de surveiller cette hérésie, d’en chasser les adeptes de tous pays, et les princes seront inviter à les emprisonner. Ainsi allait s’ouvrir une chasse aux hérétiques c’est à dire: 1) débusquer les lieux de réunions; 2) identifier les sectaires et 3) appliquer une inquisition avant la lettre.
En 1179, le pape rappelle qu’il faut éviter l’effusion de sang (cruentas effugiant ultiones) et, paradoxalement, il va lancer non plus la croisade contre les "infidèles" mais contre les hérétiques.
Il y a bien dans cette tragédie, duplicité d’action.
Pour que cela puisse se faire, il va lancer l’anathème, ou sentence d’excommunication, contre les cathares et autres patarini (patarins), appelant les forces du Nord à défendre la Chrétienté gangrenée. C’est ainsi qu’il sera le premier pape à obliger des chrétiens à affronter d’autres chrétiens!
Les comtes, les barons et autres conseils de ville vont devoir prêter serment à l’Eglise, sous peine d’être eux-mêmes soupçonnés et donc excommuniés avec perte des biens.
Devant le foisonnement des prédicateurs, le synode de 1197 va rappeler qu’il est interdit aux “illettrés” de prêcher. En 1198, Foulques de Neuilly, prédicateur, devient célèbre par ses diatribes emportées contre les usuriers et les prostituées, avec cependant un reste de prudence dans certains propos aux limites de l’Orthodoxie. Par sa fonction, il va aider à démasquer nombre de dissidents, mais aussi montrer du doigt les sympathisants tant en Flandre qu’en Champagne. Il y a donc bien un mouvement sectaire en Champagne et Foulques de Neuilly un "agent double" avant la lettre.
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