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Dans un premier temps les peines seront légères, une simple marque sur le front pour la plus sévère. Mais bien vite, elles vont se radicaliser et conduire le coupable d’hérésie au bûcher.
Lorsque l’Inquisition interviendra, les seigneurs, puissants ou non, vont plier et se désolidariser de leurs gens accusés d’hérésie. Ceci est valable pour la totalité des nobles du Nord, alors que dans le Midi, bien au contraire, on verra les seigneurs (à de rares exceptions près) prendre la défense de leurs sujets et parfois même épouser leur foi.
Il faut bien dire que les cathares du Nord étaient différents de ceux du Midi.
Laïcs, religieux, seigneurs, moines, évêques, manants, tous vont devoir participer à l’éradication du "chancre manichéen" et tous devront assister aux "salutaires spectacles" des bûchers.
Si on parle encore, de temps en temps, d’un traité signé en 1229 par Raymond VII de Toulouse, fils de Raymond VI, par lequel il cédait tous ses états au jeune roi de France, Louis IX, et s’engageait à poursuivre les hérétiques sur ce qui lui restait de terres (le comte de Champagne était présent lors de cette “abdication”) et si l’immense majorité des lecteurs ex-professo de l’histoire cathare se souvient de la ruée sauvage des barons du Nord, ainsi que de l’histoire d’une certaine expression dans la bouche d’un évêque, si le folklore historique moderne tend à occulter une vérité certaine au profil d’un mythe bien plus porteur, beaucoup ignorent ou veulent oublier qu’en Champagne, on brûla 183 hérétiques rassemblés, pour cette occasion, dans les geôles du château comtal du Mont-Aimé, en 1239.
Pour que la mémoire de ces martyrs ne sombre pas dans l’oubli, des érudits se sont attachés à l’étude d’un peu glorieux passé. Qu’ici soient remerciés un Odile François, un Chérest ou un abbé Mathieu.
Mais qui connaît encore le Mont-Aimé oublié même des Champenois? Aucune indication historique, aucun chemin de promenade n’y mènent. A croire que de cathares, il n’y a que ceux du Midi ! qui se souvient de la grande parade des soldats du Tsar Alexandre I° dans la plaine de Vertus au pied du Mont-Aimé ? Osera-t-on dire à cette Champagne amnésique que ses cathares sentaient le soufre de Lucifer.
Entre les cathares omniprésents et si “Parfaits” du Languedoc et les sulfureux cathares du Nord, il semble bien que les historiens aient choisi leur Histoire.
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