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Mais qui se souvient d’un Robert le Petit, dit aussi le Bougre; un ancien hérétique de la tendance bogomile qui, comme premier Inquisiteur, sévit dans le Nord de la France et plus particulièrement en Champagne ?
Qui sait, mis à part quelques historiens, que la légende rapporte qu’un Fortunat, chassé d’Afrique par saint Augustin, vint se réfugier sur les terres des ducs et comtes de Champagne et qu’il y entreprit de convertir un chef de brigands, un certain Widomar qui aurait fait, du mont Huymer son repaire?
Un important vecteur qui facilita la propagation des idées nouvelles vint de la corporation des marchands ambulants et plus particulièrement de ceux qu’on appelait les tisserands qui laisseront leur nom à une catégorie d’hérétiques. Ce qui tendrait à prouver si besoin était que l’un a bien été à l’origine de l’autre.
C’est un phénomène caractéristique, sans doute le premier même, de l’économie médiévale qui va favoriser la diffusion et l’éclosion en divers endroits et plus spécialement, pour ce qui nous intéresse, en Champagne, des idées nouvelles. Je veux parler des grandes foires.
Quatre villes de cette province accueillaient les foires. Nous avons, par ordre d’importance: Troyes, Provins (deux villes qui étaient aussi résidences des comtes de Champagnes), Bar-sur-Aube et Lagny. Les comtes de Champagne réglementèrent ces réunions commerciales et facilitèrent l’accueil et l’installation des marchands étrangers et autres clients en sensibilisant le clergé qui se verra chargé de la construction d’hôtels, de halles, d’hospices et tout autre établissement à caractère commercial.
A ces foires réputées on venait de partout. Les commerçants italiens en étaient l’élément moteur, venant nombreux de Lombardie, du Piémont, de Toscane, d’Ombrie ou plus simplement de Rome, de Gènes ou de Venise. Ils côtoyaient leurs homologues venus des Flandres, de l’Artois, de la région mosane ( Namur, Liège, Maestrich, etc.), d’Allemagne ( essentiellement des pays rhénans, de Cologne à Bâle), et bien sûr, de toute la France (Ile-de-France, Bourgogne, Languedoc) avec les marchands de Cahors, d’Aurillac, de Toulouse, de Montauban, de Narbonne, de Nîmes, d’Orange, etc. Et il n’est pas interdit de penser qu’à cette époque, les grandes confréries étaient déjà structurées.
On estime à un millier de personnes, étrangères à la Champagne, qui venaient y séjourner, pour une durée de deux mois environ, et qui donc se déplaçaient en masse d’une ville à l’autre.
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