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On le voit bien, dès les débuts de l’Inquisition des débordements furent à craindre et ne se firent, du reste, pas attendre. Robert le Bougre ne fut pas le seul à être rappelé à l’ordre; Conrad de Marbourg le fut aussi. Une entente fut donc établie entre les inquisiteurs et les évêques concernés. Finalement, après bien des atermoiements, un décret qui posait le principe de l’entente, fut adopté au concile de Vienne, en 1312; ce décret donnait des pouvoirs identiques aux évêques et aux inquisiteurs. Ils pouvaient citer et faire incarcérer les hérétiques, mais ne pouvaient pas les enfermer au “mur étroit”, ni les soumettre à la torture, ni prononcer de sentence que de concert.
Toute hérésie découlant bien évidemment d’un courant contestataire, le catharisme champenois n’y fit pas exception. Les laïcs vont s’enthousiasmer pour les prédicateurs itinérants, comme un Robert d’Arbrissel (1047-1117), fils de prêtre et prêtre lui-même, ancien ermite de la forêt de Craon, fondateur du monastère double de Fontevrault (1101). Il savait comment sensibiliser les foules venues l’écouter, en fustigeant un clergé ployant visiblement sous les richesses et les abus.
Sur les instances de sa hiérarchie, il dut se sédentariser avec sa troupe de "Pauvres du Christ" (clercs, femmes de la noblesse mais aussi prostituées et lépreux) dans le cadre bénédictin d’une communauté complexe.
A la mort de Robert (vers 1116) l’ordre va prendre un aspect bien plus aristocratique avec, entre autre, le soutien de Henri II Plantagenêt et d’ Aliénor d’Aquitaine.
En 1139 ou 1140, un hérétique du nom de Pierre de Bruis fut brûlé à Saint-Gilles-du-Gard, sur un bûcher formé à son intention d’une multitude de croix empilées, sa doctrine impliquant, en effet, le refus de la vénération du Crucifix.
Avec lui, nous retrouvons l’influence bogomile (du bulgare: bog=Dieu et mile= aussi, soit la traduction littérale, nous disent les exégètes, du nom de Théophile. Dictionnaire de Théologie) que le Saint-Siège assimilait au catharisme.
En Bretagne, nous avons découvert qu’un illuminé qui s’appelait Eon de l’Etoile, avec ses disciples, prenait d’assaut les monastères (1140-1145) clamant à qui voulait l’entendre qu’il était le nouveau messie.
En 1145, un saint Bernard lui-même fut requis pour aller prêcher contre les hérétiques, en Aquitaine. Il échouera.
En 1170, la situation s’aggrave avec l’irruption en Occident des idées dualistes en provenance du monde byzantin, et de la Bulgarie.
Le Languedoc se voit initié à cette nouvelle doctrine par les deux personnages principaux que sont Nikita de Constantinople et Marc de Lombardie.
C’est alors que le catharisme va s’enraciner dans le comté de Toulouse, du Laurageais, mais aussi dans les principales villes.
C’est oublier le Nord de la France.
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