C’est bien évidemment une gageure pour un auteur, historien amateur et de surcroît laïc, que de coucher sur le papier, sans équivoque possible, une étude qui porte en elle les germes d’une religiosité étrange et qui concerne essentiellement ce que l’on nomme, couramment ou par simplification historique, le Catharisme. Cette disposition, dont on affirme qu’elle est vague et imprécise, pour les sentiments religieux, l’historien la retrouve au détour d’une substructure gnostique ou dans les pans entiers de travaux préliminaires sur le christianisme ancien.
Saisir, sur le plan théologique, les subtilités voulues par les Pères de l’Eglise, par les exégètes en besoin constant de marge où porter les annotations, pour asseoir le dogme, c’est faire fatalement oeuvre impie. Tout juste peut-on, nous autres historiens amateurs attraper, capter de-ci, de-là une image-mémoire, une configuration virtuelle d’un passé eschatologique, un symbole gravé par les tous premiers chrétiens sur la pierre, un monument, les murs d’un cachot ou encore une représentation allégorique, théosophique, extirpée d’un fond araméen, etc.
Il arrive aussi que les choses liturgiques consentent à une interprétation angoissante, mystérieuse, hermétique; alors la religion peut aussi se décliner sur un mode propre à la superstition.
Les gnostiques sont, pour l’Eglise romaine, des déviants de la pensée religieuse normalement admise. Ce sont donc de dangereux sectaires qui s’attachent à des croyances absurdes, à des pratiques déconcertantes, parfois cruelles et surtout contaminantes. Les cérémonies qui ont toujours lieu dans des endroits cachés, ne sont pas celles prescrites par le Dogme, et la Liturgie y use de pratiques souvent extrêmes, qui font effectivement peur, mais qui aussi attirent.
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