Le
pog de Montségur fut tout d’abord couronné par un
village, le castrum, puis par le château que l’on voit encore
aujourd’hui, postérieur au bûcher. Du Montségur
cathare il ne reste que quelques degrés de pierre et un
escalier au bord du vide vertigineux. Montségur n’a d’histoire
que dans la déposition, en 1244, devant l’Inquisiteur,
d’un survivant. Aussi, Montségur comme symbole de la liberté
... ! ce sentiment est loin d’être partagé par tous
les érudits et ce ne sont pas les théories solaires
qui viendront redresser et renforcer les ruines du Pech de Montségur.
Nous
savons bien que rien dans l’Histoire ne reste vraiment stable,
mais dans ce cas bien précis, combien d’illusions, de rêves
évanouis ! mais attention à ne pas baisser la garde,
car il n’est pas rare qu’au détours d’un merveilleux tronqué,
d’une queste inachevée apparaissent les gardiens d’un héritage
plus qu’hérétique, déplaisant en diable et
qui exhalent encore les relents d’un passé noir.
D’Auguste
Molinier à Steiner, en passant par Napoléon Peyrat,
Maurice Magre (Magiciens et illuminés 1931), Otto Rahn,
Gadal, le chercheur risque d’aller au devant de cercles spiritualistes,
ésotériques ( Confrérie des jeunes gnostiques;
Fraternité polaire; Les amis de Montségur; les survivants
de l’ancienne loge d’Aigle Blanc; etc.) et tous de se dire à
la recherche du grand secret, c’est à dire à la
recherche du Graal d’Antonin Gadal.
Si de nombreux “Tour-Opérateurs”, soudainement catharophiles
(voire catharophages) devant l’engouement d’un “Nouvel Age” pour
les vieilles pierres “chargées” d’une histoire parallèle
et peu regardant sur l’historicité des lieux et des dits,
vantent un Montségur comme le Haut-Lieu spirituel du Catharisme,
oubliant que pendant longtemps le château servit de carrière
aux habitants des alentours pour l’empierrage des chemins ou la
consolidation des maisons, d’autres aménageurs de l’Histoire,
ou d’une para-histoire locale, régionale, alléchés
par la manne argentifère, tentent d’intéresser le
touriste, du reste peu regardant des réalité historiques,
aux autres citadelles devenues soudainement catharophiles comme
Aguilar, Quéribus, Peyrepertuse, Puilaurens, Usson, Montaillou,
Puivert, Roquefixade et Foix pour ne citer que les plus pressées
à se refaire une virginité cathare, sans oublier
Lastour qui surplombe la vallée du haut de ses 300 mètres.
Que
dire après cela des fameuses grottes d’initiation d’Ussat-Ornolac,
dont la plus célèbre, aux dires des ésotéristes
cathares du Web, serait la grotte dite de Béthléem,
celle qui vit renaître “le nouveau Christ” ! un espace de
8 mètres sur 4 mètres, grossièrement agencée
et réputée pour avoir abrité le Graal et
l’Evangile cathare selon Saint-Jean !
Ces
lieux d’initiation reposent, bien entendu, au coeur d’un espace
géographique sacré, une situation spatiale à
la fois wagnérienne et arthurienne.
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