D’autres
chercheurs distinguent les -Deae Mairae- des -Deae Matres- et
font dériver ce nom des Parques (ou de la lune) . Cette
assertion repose sur le fait qu’elles seraient trois, comme le
sont les Grâces, les Furies, etc. Le nombre trinitaire étant
un nombre sacré commun à plusieurs peuples, il n’est
pas étonnant de le retrouver aussi bien chez les gens du
Nord que chez les Mongols.
Une
troisième catégorie d’érudits rattache le
mot -Mairae- au chaldéen -Mera- (maître ou seigneur)
ou à -Meraké- (dame, maîtresse). Mais, souligne-t-on
alors, on voit mal comment ce mot serait passé de la Chaldée
aux tribus franques du Nord.
Si
nous suivons les travaux de Th. Lorin, l’étymologie préférée
serait la suivante: Deae Mairae découlerait du monosyllabe
-Maer- qui signifie soit Femme, soit Fille ou Vierge. Les prêtresses
ou les sibylles, les filles-vierges avaient un rang élevé
dans les Conseils. Nouvelles Amazones au nom de -Skiold Maer-
ou “Femmes du Bouclier”, elles n’hésitaient pas à
accompagner les hommes au combat. Sous le nom de -Skald Maer -ou
“femmes Scaldes ou Poétesses”, elles chantaient leurs exploits.
Si on tient compte de ce double titre, il n’est pas étonnant
qu’elles aient été divinisées par la suite.
Le
mot -Maere- a aussi été employé pour désigner
une divinité topique anglo-saxonne, la nymphe des forêts
ou -Wudu Moere Nous-.
Par
la suite, aura popularis, après avoir été
considérées comme de bonnes déesses, elles
devinrent, aux yeux des paysans convertis au christianisme, des
démons malfaisants, ni plus ni moins que des magiciennes
versées dans les sciences noires.
Le
mot -Maer-, septentrional et celtique, fut latinisé en
-Mairae (Mairabus. Dat. plur.) qui dériva, plus encore,
en - Matrabus- alors que d’autres érudits, tout aussi respectables,
traduisaient -Maehr- par son équivalent -Matronae- figures
que nous retrouvons dans de nombreux bas-reliefs.
On
peut donc conjecturer, nous dit Th. Lorin, que les -Deae Mairae-
doivent être distinguées des -Deae Matres- ou déesses-mères;
que le culte de ces -Deae Matres-, de ces déesses, fut
introduit par les Romains. Mais nous devons souligner fortement
que le culte dédié aux -Deae Mairae- était
bien particulier aux peuples septentrionaux et celtiques; on les
invoquait comme nymphes, fées ou divinités subalternes
et topiques; elles présidaient à la multiplication
des Fruits de la Terre et, dans les villes, elles devenaient les
déesses tutélaires des marchés; enfin, le
nom -Mairae- n’est sans doute que la latinisation de -Moer-, Moehr
dans la langue celtique septentrionale qui signifiait, nous l’avons
vu, jeune fille, vierge ou dame, dans le sens de fée. On
retrouve cette signification dans le persan -Moeri- qui signifie
aussi jeune fille, vierge; dans l’hindou -Moehria-, femme; etc.
Cette longue digression, qui sert un peu de mise en garde, enfin
close, terminons avec la Vierge Marie appelée le Vase Spirituel,
Vase d’Honneur ou Vase d’Insigne Dévotion qui introduit
un rapport direct avec le Vase-Graal, en n’oubliant pas que certains
sectaires, érudits en diable, soutiendront que la Vierge
Marie n’a pas été vraiment la mère du Christ,
ni même une femme réelle à l’instar de son
divin Fils.
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