Montségur
citadelle mythique.
S’aventurer
sur les brisées des “catharologues”, “albigéistes”
et autres félibres anciens ou modernes n’est pas chose
facile tant les domaines possibles pour une étude détaillée
s’entrecroisent et échauffent les esprits. Il est loisible
de parler de la grande, belle et nostalgique Histoire des classes
d’antan ou de la culture provinciale assimilée longtemps
à un folklore désuet, suranné, des recueils
établis sur les pratiques ancestrales par des ethnographes
de terrain toujours à l’écoute des vieilles superstitions
paysannes, d’une mémoire collective fuyante et merveilleuse,
et enfin des prosaïques cultures macro-politiques aux effets
régionalistes néfastes et débordants. De
tout cela nous pouvons gloser abondamment. Mais, des cathares
anciens, des sectaires régionaux, des néo-hérétiques,
de cela nous ne devons parler qu’avec circonspection et ne nous
avancer qu’avec une grande prudence sur les chemins de l’inquisition,
tant les passions sont encore vives, parfois spectaculaires et
capables d’un embrasement émotionnel intense.
Le
devoir d’un chercheur et curieux de l’Histoire nous oblige cependant
à démontrer qu’il a bien existé une hérésie
qui remonterait à la nuit des temps et qui perdurerait
encore de nos jours, sous une autre forme certes, plus feutrée
sans doute, au travers de mouvements sectaires comme le furent
les “ Polaires”, “les frères du Sabarthez”, etc. Cette
hérésie multiforme est fortement ancrée sur
un fondement historique recouvert de la poussière du temps.
Certains hérésiologues ne veulent voir qu’une déviance
cultuelle, tandis que d’autres y retrouvent une science supérieure
de la religion chrétienne, une Gnose. Rares sont donc les
chercheurs qui prétendent y observer la patte velue et
griffue de Satan, parfois.
Nous
allons nous apercevoir, au travers des travaux d’exégètes
bien plus qualifiés que nous ne le sommes, qu’il existe
une hérésie archaïque, souterraine (ici, le
mot sonne juste, puisque cette déviance fut essentiellement
un culte chthonien) qui se dissimula sous les strates philosophico-religieuses
de divers mouvements et mouvances organisée par ceux et
celles que l’on baptisa un peu trop vite des noms fâcheux
de sectaires, illuminés ou néo-manichéens
et qui défrayèrent la chronique ... locale. Nous
observerons aussi que les partisans d’une Eglise romaine préfèrent
ignorer, sinon éradiquer, cette antique culture, cette
archaïque réalité de la présence divine
qui se manifestait alors au regard intérieur de l’homme.
Cette intransigeance ne porta pas les fruits attendus, puisque
l’ édifice imaginaire (Hérésis 1998. Centre
d’Etude Cathare) est toujours présent.
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