LES CATHARES OUBLIES (2)

par Monsieur CASTILLE Daniel

Pour commencer, on imposa aux hérétiques le port du signe d’infamie (on l’imposa aussi aux juifs). La première mention du port distinctif remonterait au concile de Toulouse en 1229. Le statut 10 prescrit le port, sur la poitrine de deux croix de couleur, différente de celle des vêtements, l’une sur le côté droit, l’autre à gauche. Cette obligation est renouvelée en 1233 au concile de Béziers, puis en 1242 à celui de Tarragone. Celui qui était ainsi marqué du signe d’infamie était dit “cruce signatus” (ne pas confondre avec “cruce signati”, membres d’une association pour la répression de l’hérésie qui portaient une croix sur l’épaule). Bientôt, l’insigne fut déterminé dans sa couleur, sa forme, ses dimensions et aussi dans la matière avec laquelle il devait être taillé. Les croix, toujours au nombre de deux, durent alors être jaunes, en feutre et placées, non plus à droite et à gauche, mais devant et sur le dos. Les dimensions en étaient, pour le grand bras de deux palmes et demi et, pour le bras transversal de deux palmes; de trois doigts pour sa largeur. En 1246, le concile de Béziers en fixe le nombre à trois pour les hérétiques condamnés. Il va sans dire que ce port ostensible de croix avait un caractère humiliant; on disait alors que le port de la croix relevait des peines infamantes. Venaient ensuite les peine majeures qui étaient la mise en détention, la confiscation des biens et le bûcher. Ceux qui cessaient de porter ou qui dissimulaient les croix étaient passibles de “l’emmuration”; quant aux relaps, ils portaient quatre croix. Si on accordait des exemptions (moyennant argent), des accommodements, on savait tout aussi rapidement y mettre fin. Les faux témoins enfin, tout d’abord exposés publiquement, devaient ensuite porter sur leurs vêtements quatre larges langues de drap rouge, deux par devant et deux par derrière, d’une longueur d’un palme (environ 25 cm) et d’une largeur de trois doigts. Ce signe était porté jusqu’en prison et obligation était faite de les entretenir.

Il faut bien rappeler que c’est l’Eglise qui eut l’idée et l’initiative du “signe”, tout d’abord dans le but d’empêcher les unions entre chrétiens et juifs, puis, avec les dérives inhérentes à cette sorte d’ostracisme, pour signaler à l’attention de tous: les lépreux, les hérétiques, les filles de mauvaise vie, les cagots. (Les signes d’infamies au Moyen Age. Ulysse Robert.).

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