Pour
commencer, on imposa aux hérétiques le port du signe
d’infamie (on l’imposa aussi aux juifs). La première mention
du port distinctif remonterait au concile de Toulouse en 1229.
Le statut 10 prescrit le port, sur la poitrine de deux croix de
couleur, différente de celle des vêtements, l’une
sur le côté droit, l’autre à gauche. Cette
obligation est renouvelée en 1233 au concile de Béziers,
puis en 1242 à celui de Tarragone. Celui qui était
ainsi marqué du signe d’infamie était dit “cruce
signatus” (ne pas confondre avec “cruce signati”, membres d’une
association pour la répression de l’hérésie
qui portaient une croix sur l’épaule). Bientôt, l’insigne
fut déterminé dans sa couleur, sa forme, ses dimensions
et aussi dans la matière avec laquelle il devait être
taillé. Les croix, toujours au nombre de deux, durent alors
être jaunes, en feutre et placées, non plus à
droite et à gauche, mais devant et sur le dos. Les dimensions
en étaient, pour le grand bras de deux palmes et demi et,
pour le bras transversal de deux palmes; de trois doigts pour
sa largeur. En 1246, le concile de Béziers en fixe le nombre
à trois pour les hérétiques condamnés.
Il va sans dire que ce port ostensible de croix avait un caractère
humiliant; on disait alors que le port de la croix relevait des
peines infamantes. Venaient ensuite les peine majeures qui étaient
la mise en détention, la confiscation des biens et le bûcher.
Ceux qui cessaient de porter ou qui dissimulaient les croix étaient
passibles de “l’emmuration”; quant aux relaps, ils portaient quatre
croix. Si on accordait des exemptions (moyennant argent), des
accommodements, on savait tout aussi rapidement y mettre fin.
Les faux témoins enfin, tout d’abord exposés publiquement,
devaient ensuite porter sur leurs vêtements quatre larges
langues de drap rouge, deux par devant et deux par derrière,
d’une longueur d’un palme (environ 25 cm) et d’une largeur de
trois doigts. Ce signe était porté jusqu’en prison
et obligation était faite de les entretenir.
Il faut bien
rappeler que c’est l’Eglise qui eut l’idée et l’initiative
du “signe”, tout d’abord dans le but d’empêcher les unions
entre chrétiens et juifs, puis, avec les dérives
inhérentes à cette sorte d’ostracisme, pour signaler
à l’attention de tous: les lépreux, les hérétiques,
les filles de mauvaise vie, les cagots. (Les signes d’infamies
au Moyen Age. Ulysse Robert.).
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