En
Lombardie, par exemple, trois groupes hérétiques
dominaient tous les autres; en premier venait le groupe des cathares,
puis celui des concorésiens et enfin celui des bagnolais.
Les cathares, cependant, se subdivisaient en deux branches, l’une
avait pour évêque Balansinanza de Vérone et
l’autre Jean de Lugio.
A ces hérésiarques
on opposait habituellement la secte des Passagini qui soutenait
que les lois de Moïse étaient toujours en vigueur
et que le Christ était tout simplement un ... homme.
Un moine,
Ranerio Saccone, ancien adepte cathare (1250) réfuta les
doctrines pour lesquelles il avait auparavant prêché
et les poursuivit. Il dénombra treize Eglises cathares,
500 de celles des albanais (corruption probable du terme albigeois),
1500 pour les concorésiens, 200 pour les bagnolais, 100
dans la Marche, 150 appartenant à l’Eglise de France, 200
aux Eglises d’Albi, Toulouse et Carcassonne, 50 Eglises à
Constantinople, 500 en Esclavonie, Romanie, Philadelphie (Lydie)
et Bulgarie.
Ces quelques
4 000 affiliés dénombrés, nous dit Ranerio
Saccone, ne doivent s’entendre que des hommes, les Parfaits, car
de croyants il y en a un nombre infini (Summa de Catharis et Leonistis,
sive pauperibus de Lugduno).
Au milieu de cette variété de sectes toutes plus
hérétiques les unes que les autres, existait celles
des Patarins (de pate=souffrir.)
“Li vice de céans son coneu par leur anciens noms; et ne
veulent mie qu’ils soient apelé par les propres noms, mais
s’apellent Patalins par aucune excellence, et entendent que Patalins
vaut autant comme chose abandonnée à soufrir passion
en l’essemble des martyrs qui soufrirent torments pour la saincte
foy.”
(Assises de
Charles I°. Les hérétiques d’Italie. Cantù.)
Certains érudits tiennent à faire remarquer qu’anciennement
les druides s’appelaient “pataru” ou “pateri”, formes dérivées
de “patres”.
Ces
hérétiques ne respectaient aucune autorité
terrestre, ni pape, ni évêques, ni prêtres.
Pour eux, l’Eglise romaine n’était qu’une assemblée
de méchants. Ils pensaient qu’il n’y avait point de résurrection
et la distinction entre les péchés, une puérilité.
Les miracles étaient, quant à eux, des signes du
diable. Il ne devaient pas adorer la Croix; ils répudiaient
l’Extrême-onction, le Purgatoire, le Baptême des enfants
et pensaient aussi que les Sacrements n’étaient nullement
divins et que ceux-ci, par conséquent, pouvaient être
donnés par des laïcs. Quant au mariage, le consentement
des deux partis suffisait et le moine Saccone dit que celui-ci
n’avait d’autre but que celui d’avoir des enfants. Tous plaisirs
étaient exclus et entraînaient la condamnation et
l’exclusion de la communauté.
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