Dieu,
courroucé bien évidemment par l’abandon inconcevable
de ses créatures angéliques, ainsi que par leur
perdition, leur dépravation luxurieuse, leur interdit tout
retour jusqu’au Jugement Dernier. Cependant, certaines âmes
découvrirent des pratiques que l’on peut qualifier de magiques
qui leur permirent de réintégrer le Paradis.
Ces pratiques,
ainsi que les formules associées, étaient, disait-on
alors, toutes contenues dans le Rituel Cathare.
Les missionnaires manichéens, partis de la Thrace ou de
la Bulgarie, étaient donc porteurs de livres apocryphes
et fantastiques.
De la Bulgarie
vint Marc, en qualité d’évêque, pour être
le chef des Eglises de Lombardie, des Marches et de Toscane. Un
autre “pape manichéen” survint au même moment et
s’appropria les Eglises réservées à Marc.
Celui-ci en reçut d’autres en compensation, dont celle
de Drungarie (Trau en Croatie).
A Milan, on
put alors distinguer deux groupes d’hérétiques:
les cathares dits anciens, venus de Dalmatie, Bulgarie et Croatie
et les cathares nouveaux, venus de France vers 1176.
Ces derniers
étaient largement répandus dans le Languedoc et
donnaient à la province méridionale un nouvel essor
culturel incontestable, favorisant partout les arts, mais aussi
les plaisirs délicats comme l’écoute et l’émerveillement
devant les premiers vers chantés par des troubadours, sur
la mandore, une sorte de luth. Ceux-ci célébraient
l’Amour et les prouesses et s’essayaient aussi, ce qui devint
vite déplaisant, à la satire sur les Grands du monde
et sur les prêtres.
Ces “erreurs”
furent donc condamnées, pour la première fois semble-t-il,
dans la ville d’Albi, de là le nom générique
d’Albigeois que reçurent par la suite la plupart des hérétiques,
quelque fut leur doctrine. Et comme il y avait autant de doctrines
que de groupes sectaires, l’embrouillamini est total.
Etienne de
Bellavica raconte que leurs sept évêques, rassemblés
en concile en Lombardie, finirent par s’excommunier les uns les
autres car ils n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur
une définition des articles de leur foi.
C’est
bien pourquoi il n’y eut jamais de Livre dépositaire de
la Foi manichéenne. Soutenir le contraire participe du
faux... hérétique.
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