LES CATHARES OUBLIES (2)

par Monsieur CASTILLE Daniel

Le lecteur comprend aisément qu’un tel discours déplut et provoqua l’émoi religieux chez l’archevêque Héribert de Cantù, surtout sur deux points: la pauvreté (mise en commun des biens) et l’acceptation d’une mort violente qui engendre les martyrs. Il fit donc courir sus au château de Montfort. Le refuge des hérétiques fut forcé et les “mécréants” qui refusèrent tous, sans exception, de se rétracter, finirent sur le bûcher. C’était leur donner raison !

Vers 1180, Pierre Valdo (ou Valdès, nom latin de Pierre de Vaux v. 1140-v. 1217) riche marchand lyonnais, se mit à prêcher que l’Eglise était dans l’erreur et qu’elle se devait de revenir à la simplicité de ses débuts. Aussi condamna-t-il le luxe du culte, la richesse ostentatoire des prélats, ainsi que la puissance temporelle du pape. Ses disciples se donnèrent pour nom l’appellation de “Pauvres de Lyons” ou “Vaudois” que certains historiens ont voulu confondre avec les cathares.

Il faut dire que le grand problème, l’unique problème qui tourmentait les penseurs d’alors et qui leur faisait rejeter le monde de l’apparat peut se résumer simplement, mais cette constatation était pour eux lourde de conséquences:

“Comment peut-on jamais concevoir, sous l’empire d’un Dieu bon, l’existence de tant de maux ?”

Lequel d’entre nous ne s’est jamais posé cette question ?

La réponse, la seule réponse à cette interrogation fondamentale est... manichéenne et ne peut que l’être puisqu’il faut supposer l’existence de deux divinités antagonistes, l’une auteur du Bien et l’autre auteur du Mal. Mais n’est-ce pas ce que l’on nous apprenait au catéchisme quand le curé nous montrait Dieu et le Diable !

Mais à cette époque moyenâgeuse, se poser à haute voix cette interrogation c’était apporter le bois pour confectionner son propre bûcher.

Quand, de l’Orient, cette hérésie passa en Europe, elle était devenue un mélange confus de dogmes et de légendes, un mélange dans lequel Dieu et le démon étaient co-éternels, mais aussi égaux en puissance. Et si Dieu avait pour Lui le ciel et les anges, au démon échut la terre ... et les femmes.

La légende dogmatique, c’est bien ainsi qu’il convient d’appeler cette nouvelle doctrine théologique compliquée, expliquait que le démon, rodant sans cesse autour de la muraille dont Dieu avait ceint sa création, découvrit un jour une fissure assez large pour y passer la tête. Il encouragea les anges à y passer la leur et ainsi contempler les femmes et leurs beautés. Séduits, les anges sortirent et, de leurs “approches” de la gent féminine, charnellement conquis(es), naquirent les hommes qui possédèrent une moitié du Bien et une moitié du Mal.

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