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Après le sac de la ville de Constantinople, les croisades n'auront
plus cet enthousiasme célestiel (terme employé par Henri Corbin pour
distinguer le Ciel mystique du ciel astronomique de l'univers sensible).
On verra beaucoup de croisés en puissance se récuser et s'en
retourner chez eux devant la virulence, le fanatisme de certains seigneurs
latins.
On ne parle pas des Templiers dans l'organisation des
croisades, mais nous pouvons conjecturer qu'ils sont là, à tous les niveaux
de décision. Certains croisés de Champagne s'étaient déjà rendus en
Terre-Sainte et y avaient certainement rencontré "des pays", des liens d'amitiés
s'étaient créés. Il faut se souvenir que le premier Templier fut Hugues de
Payns, seigneur champenois. Ces croisés vont ramener avec eux des idées
religieuses nouvelles qui vont horrifier l'Eglise et cette hérésie
gnostique, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, va finir dans un bain de sang,
sous le contrôle d'un ancien croisé de la quatrième croisade, Simon de
Montfort, issu du domaine royal.
Nous avons vu que la thèse qui veut que le Linceul ait été
emporté des Blachernes par le seigneur Othon de la Roche peut révéler une
voie de recherche sérieuse.
Nous ne devons pas oublier une autre possibilité qui est
celle d'une "intervention" des Villehardouin .
De Constantinople à Besançon, via Athènes, le Suaire voyage
beaucoup, puis disparaît. La dernière fois qu'il est vu, c'est dans l'église
saint Etienne de Besançon.
Il nous faut cependant prendre garde, car certains érudits
nous parlent déjà d'une copie montrée aux fidèles. Si l'original disparaît
aussi rapidement, s'il y a copie, alors il faut suivre effectivement la
piste des Villehardouin. Nous devons rejeter dans les oubliettes de l'Histoire
la rumeur, un temps en vogue auprès des érudits, qui voulait que ce soit
Geoffroi I° de Charny qui aurait rapporté le linceul au moment de la
bataille de Smyrne, tout comme celle qui voudrait que l'on voit dans le nom
des Charny le patronyme déformé d'un Templier célèbre.
Ce n'est qu'après la mort de Geoffroi I° de Charny, le 19
septembre 1356, que les chanoines de Lirey présentent la sainte relique à la
vénération des fidèles. Un petit plomb de pèlerinage (de Lirey) nous montre
la représentation du Linceul, encadré des blasons des Charny et des Vergy.
La question se pose alors de savoir de qui Anne de Vergy avait hérité du Linceul ?
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