DE LIREY A TURIN
ou l'histoire simple du Suaire

par Daniel Castille

Par ce rapide raccourci, qu'on nous pardonnera, on voit comment Lirey se retrouva intimement lié aux Villehardouin pour ce qui est de ses débuts dans l'Histoire et pour la fin aux Charny.

Les Charny sont les "inventeur" du Linceul.

Mais l'histoire du "Suaire de Lirey" commence, nous le savons bien, à Constantinople. La sainte relique, nous dit Hilaire de Crémiers (Le Saint Suaire retrouvé, de Constantinople à Lirey 1204-1354. Arch. Départ. de l'Aube HB 2538) aurait été soustraite de la chapelle dans
laquelle elle reposait, lors du sac de la ville par les croisés de la quatrième croisade, en même temps que d'autres toutes aussi précieuses.

C'est Dom Chamard, dans son étude datée de 1902, " Le linceul du Christ, étude critique et historique" qui laisse entrevoir une première grande piste de recherche. Selon lui, ce serait Othon de la Roche, croisé du comté et du duché de Bourgogne, qui aurait pris et conservé par devers lui, un grand linge qui se trouvait dans l'église Sainte-Marie des Blachernes, linge sur lequel se voyait "la figure de nostre Seigneur".

Cette information est relayée et affinée par Antoine Legrand (Du nouveau pour le Suaire de Turin: une lettre de l'empereur Alexis V) qui atteste qu'une lettre de l'empereur Alexis V Ducas, dit Murzuphle, au pape Innocent III, lettre découverte par Dom Rinaldi parmi les archives vaticanes à la bibliothèque de Santa-Catharina à Fornielo près de Naples, cite nommément Othon de la Roche comme étant celui qui a dérobé aux Blachernes le "sydoine
de Nostre-Seigneur" et que seul le pape pouvait obliger ce seigneur à rendre la sainte relique.

On constate aussi, avec Antoine Legrand, que le chroniqueur picard, Robert de Clari, n'a pas confondu les palais impériaux des Blachernes et du Boucoléon.

Là où l'affaire prend un tout autre intérêt, c'est quand cet érudit nous affirme qu'il ne faut pas confondre le mandylion (voile d'Abgar arrivé à Edesse en 944) avec le Linceul. Cette image d'Edesse, d'après la tradition, aurait été peinte par Anan sous l'autorité du roi Abgar. Une
version plus hermétique raconte l'histoire de cette image (Robert de Clari. LXXXIII).

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- 08/09/2010 17:12:34 contact