DE LIREY A TURIN
ou l'histoire simple du Suaire

par Daniel Castille

On remarquera que les ostensions, ou présentations aux fidèles, furent suspendues, après enquête, par l'évêque Henri de Poitiers, et qu'elles furent confirmées dans leur interdiction par l'évêque diocésain Pierre d'Arcis (du Mémoire duquel les érudits opposés à la réalité du Mystère tirent la phrase litigieuse qui permet la mise en place d'un étrange scénario dans lequel apparaît un peintre faussaire génial, mais hélas! totalement inconnu, des environs de 1350-1355).

Ces ostensions seront cependant à nouveau autorisées par les deux plus hautes personnalités du siècle, le pape et le roi. Cet accord passé par ces deux plus hauts personnages ( le temporel et le spirituel) est à souligner et tend à accréditer l'idée qu'effectivement le Suaire avait pour eux une réalité tangible. On connaissait déjà à cette époque des imitations grossières, de faux suaires reconnus comme tels étaient admis à la vénération des fidèles, mais ne seront jamais reconnus comme des reliques contrairement à celui de ce petit village de Lirey que rien ne prédestinait à sortir de l'anonymat. Il suffit de se référer à nouveau au récit de Robert de Clari pour obtenir une description d'une autre "saincteté": "On avoit encore en cele chapele un autre sainctuaire: car il avoit image de saint
Dimitre qui estoit peinte en une table. Ceste image rendoit tant d'huile que on n'en savoit tant oster comme il en découroit de cele image."

Lirey compte aujourd'hui un peut moins de cent habitants et plus rien n'évoque son importance historique d'antan.

C'est officiellement en 1201 que Lirey entre dans l'Histoire et que peu de temps après apparaît Milon de Lirey, lié par son épouse Agnès, aux Villehardouin (famille du Chroniqueur de la quatrième croisade). Elle est en effet la soeur de Guillaume I° de Villehardouin, maréchal de Champagne, Dame de Chesley et elle était présente sur ses terres en 1257.

Par le jeu des alliances, Lirey va gagner en importance et devenir un Haut-Lieu de la Champagne, un domaine dont la clef sera Agnès de Villy, Dame de Chesley, veuve de Milon I°.

Mais, afin d'être précis, il nous faut préciser que Lirey n'appartenait pas en totalité à la maison d'Agnès. Celle-ci partageait ses terres avec la famille des Joinville. Nous savons qu'en 1273, Geoffroi I° de Joinville, sire de Briquenay, céda, avec l'accord de son épouse, comme il était coutume à cette époque, Mabille de Villehardouin, et à titre d'échange, à Jean de
Joinville, sénéchal de Champagne et beau-père, ce qu'ils avaient comme biens à Lirey.

Nous savons aussi que l'une de filles, probablement issue du second mariage de Jean de Joinville avec Alix de Reynel, Marguerite de Joinville épousa Jean, sire de Charny, de la maison des Mont-Saint-Jean.

page 1 - 2 - 3 - 4 - [5] - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 - 12 - 13 - 14

retour en haut de page
la boutique ésotérique
- 08/09/2010 17:14:17 contact