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"On avoit encore autres sainctuaires (...) car il avoit deux
riches vaisseaux d'or qui pendoient en mi la chapele à deux grosses chaînes
d'argent...".
Toujours selon le récit de Robert de Clari (LXXXIII), la
toile qui se trouve dans l'un des deux vaisseaux aurait servi au Sauveur
pour essuyer son visage, si bien "que sa forme y fu empreintée".
Cette présence attestée des reliquaires et autres objets de
valeur déposés à Constantinople peut-elle faire pencher le plateau de la
suspicion vers une certaine préméditation dans l'élaboration de l'itinéraire
de la quatrième croisade ?
Les Latins savaient, par diverses expéditions ou
pèlerinages, que les trésors ramenés de Jérusalem se trouvaient bien dans
les coffres de Constantinople. On peut certainement parler ici de
conspiration.
Première de ces reliques sacrées et très convoitées donc, le
Suaire ou Linceul qui reposait dans l'église Nostre-Dame, linge appelé aussi "sydoine" et sur lequel la "figure" ou forme corporelle du Christ était
imprimée.
L'histoire occidentale du Suaire débute entre le XII° siècle
et le XV° siècle, dans un petit village du nom de Lirey qui vit passer les
plus grands noms de la Champagne et de la Brie, des comtés voisins comme du
domaine royal. Ce petit coin de France, aujourd'hui ignoré des curieux
de l'Histoire, comme des touristes d'ailleurs, sauf paradoxalement des
américains qui vinrent sur notre sol tourner un film documentaire sur le
Suaire, dut jadis subir le poids de la maison de Champagne, de la non moins
importante maison de Savoie, des évêques, du pape et du roi de France. Pour
un petit village sans "histoire"...
Le lecteur intéressé accordera une attention toute
historique à la chronologie développée par Ulysse Chevalier (Le suaire de
Turin aux prises avec l'histoire. Revue d'histoire de l'Eglise de France,
tome LXXXVI) dont nous reparlerons plus tard. Il y trouvera les jalons d'une
documentation réunie par cet érudit controversé qui permet de suivre les
vicissitudes du Suaire de sa première apparition à Lirey jusqu'à son arrivéeà Turin. Notre lecteur retiendra plus particulièrement les dates charnières
du 16 avril 1349 date à laquelle vont s'associer les noms de Charny et d'Innocent
III et celle du 14 septembre 1578, date à laquelle on sait le Suaire à
Turin.
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