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L'Eglise byzantine chercha à s'affranchir de l'autorité de l'Etat.
Le concile de Constantinople (815) confirma l'interdiction. Après une
interminable lutte, le culte des Images fut de nouveau autorisé sous la
régence de Théodora.
Cette longue digression historique était nécessaire pour
comprendre les motifs qui vont pousser les Latins et les Vénitiens à vouloir
s'emparer de Constantinople, ainsi que le silence de la papauté, voire son
approbation tacite et qui voyait se réaliser son souhait de réunion des
deux Eglises.
Après la chute de Jérusalem et l'occupation de la Terre
Sainte par les Infidèles, il fut naturel de mettre en lieu sûr les trésors
et les reliques échappés des mains des musulmans dans une autre forteresse.
Constantinople avait pour elle d'être bien fortifiée et d'avoir un
rayonnement culturel prestigieux. On y apporta donc les objets saints, y
compris les reliquaires ramenés d'Edesse, en particulier la Sainte Image (d'Edesse),
dont on parla au concile de Nicée. La particularité de cette Image était qu'elle
avait la réputation d'être achéiropoiétique, c'est à dire non faite de main
d'homme et par conséquent d'essence divine.
On appelle cette relique: le SUAIRE.
A-t-on besoin d'attestations historiques ?
Il nous suffit pour cela de relire le récit de Robert de
Clari qui contempla, en août 1203, en l'église Nostre-Dame-Sainte-Marie des
Blachernes, le sydoine du Sauveur qu'on élevait tout droit chaque vendredi"si que on i pooit bien voir la figure Nostre-Seigneur".
Ou ce témoignage du même Robert de Clari qui rapporte le
chute de Constantinople : "si trouva on tant de richesse ès palais que trop.
Si estoit li palais de Bouche de Lion." On apprend que "si y avoit bien
trente chapeles" dont une s'appelait la "sainte Chapele sui si estoit riche
et noble".
"Dedans cele chapele trouva on de molt riche sainctuaires:
que on y trouva deux pièces de la Vraie Croix aussi grosse comme la jambe à
un homme et aussi longues comme une demie-toise. Et si y trouva on le fer de
la lance dont Nostre Sire eut le coste percié; et les deux clous qu'il eu
fichiés parmi les mains et parmi les piés. Et si trouva on en une fiole de
cristal grandes partie de son sang; et s'y trouva on la Tunique qu'il avoit
vestue, que on li déspouilla quant on l'eut mené au mont du Calvaire; et si
y trouva on la benoîte Corone; (...) Et si y trouva on la vesture Nostre
Dame, et li chief monseigneur Saint-Jehan Baptiste, et tant d'autres riches
sainctuaires...".
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