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Le second temps va venir de Venise. Menacée dans son
commerce avec l'Orient, justement à cause de cette faiblesse byzantine, les
Vénitiens pensèrent que la crise qu'ils traversaient ne pouvait être résolue
que, si à leur tour, ils entreprenaient la conquête de l'Empire. En plus de
leur armée, il leur fallait un grand nombre de guerriers de valeur, pour
pouvoir se lancer dans cette aventure. Ils trouvèrent ces hommes chez les
Latins toujours avides de gloire et de richesses.
C'est ainsi que la quatrième croisade, partie à l'origine
pour délivrer, comme les précédentes, le Saint-Sépulcre, va aboutir sous les
murs de Constantinople et provoquer la chute définitive de l'Empire
gréco-byzantin, en plaçant sur le trône des Comnènes le comte de Flandres,
Baudouin.
Pour comprendre les agitations modernes, il nous faut dire
quelques mots de la querelle des Images.
Ce conflit grave va être à la base de l'histoire des
relations entre l'Orient et l'Occident. Ce fut une réforme religieuse d'importance
et qui fut le fait d'hommes de leur temps. Trop souvent, les historiens
négligent cette évidence et réagissent dans leurs critiques et leurs
analyses selon les critères de réflexion modernes. A cette époque de la
dynastie isaurienne (717-867) les hommes étaient croyants, voire théologiens
et soucieux, naturellement, en proscrivant le culte des Images, de purifier
la Religion. Pour cela, ils combattirent les moines, plus sûrement pour leur
développement monastique dans les différents domaines intellectuels et
agraires du siècle que pour ce culte des Images. Cette lutte non déclarée
entre les deux parties dura, pour la première phase, de 726 à 843. La
seconde phase semble avoir son origine dans notre XX° siècle comme nous le
verrons plus loin.
Outre un soulèvement en Grèce, un autre en Italie, les papes
prirent parti contre l'hérésie iconoclaste. Le concile d'Héria (753)
condamna le culte des Images et ouvrit la porte à la persécution.
Mais cette politique iconoclaste jeta la papauté directement
dans les bras des Francs. L'intervention de Pépin permit la création de l'état
pontifical. Les Byzantins perdirent quasiment toutes les possessions qu'ils
avaient en Italie.
La veuve de Léon V, Irène, prit la direction du Gouvernement
de l'Empire en 780, au nom de son jeune fils et rétablit le culte des Images
au concile de Nicée (787).
Occupé par une femme, le trône semblait, aux yeux de l'Occident,
instable. Ajouté à cela une offensive d'Haround al-Rachid (qui entretint des
relations d'amitiés avec le monarque occidental Charlemagne à qui il envoya
un orgue similaire à celui que Byzance avait envoyé cinquante ans plus tôt à
son père, un éléphant, un singe, une horloge sonnante comme il n'en existait
pas encore en Occident (Paul Arfeuille: L'épopée chevaleresque de l'ancien
Iran aux Templiers. Bordas 1972) ces deux particularités justifièrent le
rétablissement de l'Empire romain d'Occident en 800. Charlemagne reconnu
comme empereur d'Occident, les monarques de l'Empire byzantins rétablirent l'interdiction
du culte des Images et reprirent les persécutions.
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