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Byzance, Constantinople, Istanbul: la même ville d'un vieil
empire qui évoque les fastes des monarques, l'or, l'argent, la gloire et le
mystère.
Malheureusement la vérité est beaucoup plus brutale.
Au XI° siècle, l'Empire est en pleine décadence. Prestige,
luxe, élégance raffinée sont en passe de devenir des souvenirs. A la mort de
Basile II (976-1025), l'Empire était à l'apogée de sa puissance et l'art
byzantin connaissait un second âge d'or. L'alliance avec Venise s'était
renforcée avec le traité de 998 et le grand voisin russe, depuis sa
conversion, devenait un allié autant redouté que redoutable.
Malheureusement, ce que Basile avait construit, les
gouvernements successifs vont le détruire et ainsi affaiblir lentement l'Empire,
jusqu'à causer sa perte. Les grands seigneurs vont relever la tête et les
menaces extérieures vont se faire plus pressantes (Normands, Turcs), l'anarchie
va régner dans les campagnes. En 1081, l'Empire était au bord de la ruine.
Arrive alors Alexis Comnène (1° avril 1081) qui allait
rendre à Byzance un siècle de grandeur. Pour situer cette période on peut l'encadrer
entre les dates suivantes: 1081 et 1204, date ultime qui marqua la prise et
la fin de Constantinople.
Quand le 23 juin 1203, les Byzantins virent arriver les croisés ils ne
furent pas autrement surpris. Constantinople connaissait la mentalité des
Latins. Alexis I° reçut dans sa ville les Francs de la première croisade.
Les Grands Barons firent peur à l'empereur. Il s'efforça, en se les liant
par un serment d'hommage et de fidélité, de les tenir éloignés des fastes
de la Cour, en les envoyant combattre pour l'Empire.
Ce contact (guerrier) direct, entre l'Orient et l'Occident
allait faire éclore de grandes difficultés relationnelles.
La guerre contre les Normands, celle contre les Hongrois
aboutissant à la perte de la Dalmatie amenèrent au pouvoir une nouvelle
dynastie, celle des Anges (1185-1204). Sous le règne de ces princes faibles,
l'Empire se précipita vers l'abîme.
Si les nations slaves s'agitaient et recréaient leurs états,
l'hostilité des Latins devenait chaque jour de plus en plus perceptible et
de plus en plus redoutée. Au temps de la troisième croisade, les historiens
pensent que Frédéric Barberousse songeait déjà à s'emparer de
Constantinople. La menace vint d'ailleurs, en deux temps.
Le premier qui ne sera que le révélateur vint de la papauté.
Celle-ci, avec Innocent III, était en effet désireuse de profiter de la
faiblesse de l'Empire byzantin pour reprendre sous sa coupe l'Eglise d'Orient
toujours à part.
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