Le carré SATOR
par Daniel Castille

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Nous apprenons ainsi que ce “carré” est l’un des palindromes continus, dits “ écrevisses”, où la phrase se déroule indifféremment dans les deux sens:
SATOR AREPO TENET OPERA ROTAS
ROTAS OPERA TENET AREPO SATOR.

C’est aussi l’un des palindromes le mieux réussi par ses différents développements. On peut ici rappeler qu’il existe des palindromes simples, comme “Esope reste ici et se repose” ou simplement issu d’un nom, comme la ville de “Laval”, voire des palindromes mathématiques comme le nombre 328823, mais sans importance réelle.

Le carré que l’on retrouve dans différents ouvrages d’art ou de simple lecture est souvent lié à des recettes pour l’accomplissement des couches, à des conjurations contre l’incendie, la fièvre, la rage ou à toute autre fin prophylactique au siècle de Nostradamus. Mystère disions-nous plus haut, le “carré” côtoie Agnès Sorel (la Dame de Beauté, par le nom de sa seigneurie plus que par son physique !) à Beaulieu, les château de Chinon et de Jarnac, mais aussi un vieille maison du Puy (en Haute-Loire), un livre de Jérôme Cardan, etc.

Au dix-neuvième siècle, le carré tombera entre les mains d’érudits étranges qui y verront une possible exploitation cabalistique et magique.

Des correspondances imprévues surgiront des “carrés” de Cappadoce, un des premiers foyers du Christianisme, déjà analysé par Jerphanion, repris par Michel Coindoz dans le n° 302 d’Archéologia (juin 1994).

On y parle de bergers, trois comme à Saint-Eustache, qui s’appellent Sator, Arepo et Teneton. Dans d’autres églises de Cappadoce, on en dénombrera cinq et l’on y verra aussi... les clous de la Croix.

Nous n’entrerons pas plus avant dans les arcanes du “carré”, ni dans ses multiples développements dont le tout premier, mais très discutable, représente la Croix exprimée par le PATER NOSTER avec l’Alpha et l’Omega en reste, si l’on peut dire.

De même, quelque soit la traduction donnée, complète ou incomplète, personne ne semble détenir la vérité quant à la profonde signification de ce carré magique. Il en est de fantaisistes comme de mystiques ou d’occultistes, certaines accompagnées par ou accompagnant des exorcismes ou des prières.

Le lecteur intéressé retrouvera tous ces compromis dans l’excellente étude de J. Carcopino.

A l’instar de M. Coindoz, le chercheur et curieux (en hommage au magasine I.C.C) doit se demander si les Cappadociens (mais aussi tous les autre par la suite) n’auraient pas reçu la phrase magique sans en connaître véritablement l’origine ni la signification profonde.

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- 20/08/2008 16:35:11 contact