Rébus et Charades dans l'art du Blason

La connaissance du blason est la clé de l'Histoire de France.
Gérard de Nerval

Définition :

  • Blason : Ensemble des signes distinctifs et emblèmes d'une famille noble, d'une collectivité. Connaissance, art relatif aux blasons ou armoiries, appelé héraldique.
  • Étymologie : Les dictionnaires nous disent ignorer l'origine du mot blason et cette carence dénote un manque total de perspicacité ainsi qu'une méconnaissance de la linguistique. Le terme blason provient du grec blaisos signifiant : " bègue qui ne parle pas nettement, " ce qui met en garde contre la difficulté qu'on éprouvera à bien l'entendre.

    Cette étymologie est confirmée par les constatations suivantes. Le nom de Saint Blaise dérive de la même source. Or, Blaise était le patron des maladies de la gorge et donc de ceux qui éprouvaient des difficultés à parler. Les mots de vieux français : bléser, blèsement et blésité, qui sont à l'origine du nom de la ville de Blois, expriment la notion de zézaiement. Le terme blazer, désignant une veste ornée d'un écu, d'armoiries appartenant à une famille ou à une institution (une école, par exemple), contrairement à une idée reçue, n'est pas un vocable anglais. Il s'agit d'un mot français exporté, puis réimporté. Ceci se vérifie par l'argot ancien blaze signifiant le nom.

    Le Blason n'est pas uniquement la marque de reconnaissance de la noblesse. Il est le langage de la science hermétique. Cette science, qualifiée parfois de vieille science, est plus connue du public sous l'appellation d' Alchimie. Les armoiries sont dites parlantes ou chantantes, lorsque leurs partitions (les pièces ou symboles les composant) se lisent comme des rébus, des charades et fonctionnent à l'aide d'à-peu près phonétiques. Autrefois, une vieille femme occupée à scier l'anse d'un panier se décryptait : La vieille science.

    En se démocratisant, l'art du blason est descendu des écus de la noblesse dans la rue et s'est répandu par le biais des enseignes commerciales, certaines subsistent encore de nos jours, témoignant d'une époque où l'homme du peuple, fréquemment illettré, trouvait ses repères par l'image. Ainsi, un lion doré se lisait " Au Lion d'Or " ou Au lit on dort et signalait une auberge. Un O suivi d'un k rayé d'un trait se déchiffrait : O grand- K barré- ou Au grand Cabaret. L'ivrogne ne s'y trompait pas et poussait la porte de l'établissement…

    À suivre…
    Richard Khaitzine

 

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- 04/02/2012 17:03:35 contact