Des cailloux parsèment le chemin ; il conduit les nuages de l’horizon, le hasard de l’émotion. La poussière des cailloux vole en éclats de feu, se pulvérise en lambeaux d’air, ondes circulaires au milieu d’un manége d’ombres. Trace du chemin, catalyse de sa direction, essence de sa destinée. La lumière flotte au-dessus de sa volonté.
Deux lignes se dessinent parallèles vers un point tenu par un fil blanc, elles se devinent de leur commencement étendu mais sans distance. Invisible tracé d’un non-retour et sans fin. Descendre le chemin en tirant sur le fil, le chemin monte et se tourne en cercle roulant, le triangle en son centre meut à l’équerre.
Entre le demi-rond rouge du coucher du soleil sur la mer et sa bulle jaune qui se décroche de son lever. Entre les deux, entre par terre et l’en-dedans, des algues sucrées pivotent autour d’un cyprés. Viennent alors les couleurs de la pensée, volatiles et détaillées, dorées pour construire leur volume lorsque le noir s’y accumule. Le ressac gouttelette de mousse protidique, à la louche, l’écumer pour sentir les doux parfums à la chlorophylle aromatisée, laisser réduire pour prolonger le chemin a priori d’un sens à déduire si le vent s’y porte.
Par delà le sol et au travers se déverse un autre chemin plat dans l’apparence noire, nuageux dans l’apparence blanche, un songe de ciel y pénètre derrière le soyeux gris caillouteux et poussiéreux du premier. Ils s’enchevêtrent en hélice double mais dans le rêve qu’ils se rencontrent.
Deux chemins, le premier est introverti, le deuxième est sommet.
Le sommet introverti largue sa tristesse, il la devance puis le suit, il n’est pas haut mais limpide, il est froid mais pas sec. Il commence un monde mais ne le finit pas, un monde sans pensée mais d’intuition chargée par des feuilles de glace poussant dans la futaie extravertie de ses racines chaudes. Il pousse en s’enfonçant dans la vertigineuse ascension de son tronc. Il est arbre sans ombres.
A l’orée du cresson sur un air de valse ambiguë de trois pas et demi, l’hésitation chancelante de l’onde verticale à vouloir enfouir, une douce tristesse à dessiner le caillou qui s’effrite minéral. Seule la lave du volcan le laverait à se stabiliser dans la seule voie infaillible, celle de rester à toujours celui qu’il n’a jamais cessé.
Deux plans de chemin entre poussière et onde, des forces invisibles et sensibles les laissant en léthargie cinétique en sursumant un nouveau monde imbriqué dans le premier mais plus subtil, inhérent à ses effets, sans conséquences mesurables reliées aux causes nulles de sa fonction à inventer une contingence ubuesque.
Des bifurcations à l’alacrité aux triples coloris et changeantes étalent le ravissement équitable entre lesquelles des taches de lumière provoque l’inconcevable orbite d’une esthétique noése. Seule la raison incombe au vouloir car à ne pas, cent fois déjà, il est encore trop tôt mais sans doute là bas, mais pas plus loin, l’étincelle précieuse peint l’envers du monde ailleurs. Trouver l’hermétique allée qui rejoint celle qui jadis n’en fût qu’une autre.
Abyssal concept du projet commencé lorsque tout alors avait disparu ou cru l’être. Onctueuse et épaisse, grumeaux suspendus hors l’allée et venue du chemin apodictique, rassénérant, postulant à l’immobilisme impossible et en train de se figer à l’opposé de sa direction. Sans embouchure et en dérivé de la factice moisson d’étranges objets murs et bienfaisants.
Au-delà du mystére glorieux d’images nature, le chemin rebrousse son zèle à créer les éléments nouveaux émanant des quatre sans la joie incertaine de l’éternel mouvement qui transgresse le noir. Au milieu de la diagonale rectiligne du rayon plié par l’histoire de son envers, il découvre la sulfureuse piste à l’intermédiaire du choix suprême jamais pris par un autre que lui car dépourvu d’existence.
Bille roule sur sentier battu, vaste désert de neige gazeuse, orange sur le pourpre de la contrée reconnaissante. Roule encore sur terrain ensemencé par la discontinuité du cercle en cours de magnétique hasard à se former dans un autre cercle, autre univers spiralé, roule la boule, étoffe boursouflée de nacre aux effervescences de fièvre tendre et violette. Roule encore vers le talus de lignes parallèles au champ de grains fertiles sous la puissance de la pluie jadis liquide.
Mille fois répété, il serpente dans l’entre deux cercle invisible qui rompt la pesanteur de la matière qui ne pèse plus mais qui s’exalte sans passage.
La flamme traîne et se brise dans la grisaille argentée, condensée et évaporée dans le même espace.
Un fossé creusé au bord du champ déborde de rouvres aux guis de pureté et de rareté, senteur sans parfums et nuancé d’effluves sous haute pression d’altitude des fonds.
Le fond se vide de sa substance mièvre et s’écoule vers le crépuscule jaunâtre d’un cycle naturel de sa nature par l’essence ensevelie d’un joyau enfermé dans le caillou du chemin de la voie portant le même espace du champ courbe dessous la poussière de la boule qui roule en bille écarlate du chemin tracé par l’allée et revenir du début et de la fin du goût à naître, trésaillir, rougir, disparaître en cendres, s’envoler, réapparaître un peu plus loin, plus profond, plus sensible et sans intention. Plus net quand il disparaît, infaillible dans sa patiente construction d’aires sans âge.
L’orée du sentier dénonce son bruit à venir, glace recouverte de verdure noyant sa grâce en de fines gouttelettes saillantes, prismées du dehors en dedans de sa densité à continuer de se former pareil à sa mesure. Il crispe les bouquets de saillie ronde, tire à hue et à dia en l’incommensurable vertu de sa concentration intraséque et centrifuge. Un repère jonché de paillettes immunisées par sa propre destruction à réactiver ses fonctions de réadaptation suranée, blanche et terreuse. Au pic de son mouvement de balance, un signe à l’horizon tellurique d’un plan sans dimensions.
Il dévale en spirale, à profusion de points libres où toutes les connexions sont possibles mais contingentes. Tous les espaces sont assertoriques dans la seule perspective de leur ubiquité. Vaste réseau dévalant des synapses en miroir dont le teint reflète le vide de leur instabilité à se résorber, se glacifier ou se matérialiser car alors la mort de l’objet conduirait à sa vie mais à la fin du processus qui lui ne peut être qu’immuable. Toile d’araignée avec au centre un double cube de gouttelettes d’eau comme un joyau attirant les fils de vibrations résolvant le sens du cœur de ce joyau. Un dédale de spins où les électrons libres offrent toujours une occasion de systématiser une image fixe mais qui ne se fixe jamais. Les points n’ont pas d’identité propre, ils sont redondants en se transformant en d’autres points qui ont oublié leur cause car ils ne sont jamais surs d’un effet quelconque que le hasard leur aurait permis. En chemin, une accalmie prête à la déflagration immédiate et indigo pour une somme de travail qui n’a d’égal que son absence de puissance à transparaître à la lumière subtile de n’être qu’elle-même pour elle-même. Des particules sans matière s’en mêlent renforçant l’énergie du système. Grains de sable parfois brillants se substituant aux particules et qui de formes ne se soucient qu’à l’énergie de leur disparition. Artifice tendanciel et doré d’une ombre déboussolée à n’être rien et pire d’image de rien. Un miroir se brise sans poussée et l’image reste la même, un autre miroir se brise alors et réaction en chaîne, une courbe profile un temps devenu incertain car rien ne se passe. Absence d’absence, noir lumineux, ombre sans forme, lumière qui ne se réfléchit pas, points éphémères, une vie sans limite pour pouvoir se définir à l’instar du chemin. La poussière s’y dépose, boule roule remontant en gravité l’usure du caillou disposé et volatil. Le chemin se perpétue en repos de l’inutilité de sa prise en compte.
Opaque association de tremblements en deçà et au travers de la libre circulation d’instants futiles. La ténacité d’arborescence défigure le dessin, le transperce puisque nul support ne lui est soumis.
Irréductible puissance aux soubassements rigides à l’élaboration du signe le plus fragile pour la subtile raison d’être ailleurs au moment où le chemin le transpose. Irréelle traversée d’un non-espace transmuable au parcours sans mémoire qui se fond dans l’énième dimension de sa réalisation d’oubli. Modification inhérente d’une disposition problématique d’un panel de reflets aux obscures turbulences. Entrelas d’éclaboussures désuètes et bifurcations éteintes d’un feu à l’horizon vertical de sa géométrie. Flamboyant et retord, il n’aspire qu’à l’inspiration d’un sens émoulu à l’espace qui le désigne sans le bousculer. Négativité trouble de circuits variant où la libération de neutrons n’entraîne aucune fusion. Irréductible ascension par cubes superposés aux arêtes décalées, transparents mais colorés sur les bords de vert et de jaune dissous. Sillhouette flagrante d’un déni, celui de l’absolu. Germe résistant et impétueux en toute déflagration d’un concert de mutations sourdes aux bruits incertains de l’objet qui se déplace par frottement sur un autre prétendu. Rémanence sollicitée du chemin qui se voile. Blanche fumée d’un brouillard de segments froids au profil maculé de denses vapeurs. Eau déstagnante et ébauche d’un positionnement sur le chemin. Articulable désappointement de se soustraire à son avancée prétendue. La nuée accroche cependant et les cailloux y virevoltent sur rythme de procession sans symbole de sa surprenante apparition. L’envers, toujours le même d’un vent traversant tous les miroirs brisés qui reflètent à ce moment son image dans le temps négatif de la dissolution de termes à ne pas définir pour le laisser parcourir. Précocité absorbée de touche en touche à vitesse ralentie du bouillonnant vert d’eau entouré d’une coque marron aux accents doux d’une diagonale de camaïeu.
Entendre le roulement murmurer le mouvement à devenir le commencement et y renoncer, frottement simultané de poussières parfumées. Encens au vent dispersé, carbone léger et dispersé puis lourd et cristallisé, noir ou transparent, facettes non polies, brillance non concentrée, en chemin de nature claire-obscure. Orée de taches grises, symphonie de points croisés d’un canevas fertile par le souffle transpercé d’une aiguille au fil de temps bleu et nuit, jour et pli. Détail invisible de soupçons pittoresques à l’eau vacillante puis vaporeuse, fluide glacial condensé par la chaleur mouvementée. Esprit de chemin, concrétude imaginaire explosive et pailletée, subliminale percée avec de larges vides en surface dissolue. Plénitude orageuse de foudres en lumière noire tressée. Tourment et rétraction de minuscules pointillés longeant la durée externe de l’espace qui se tord de Möbius à l’envers du cercle des invisibles matières neutres en manque d’hydrogène pur et magnétique par les électrons libres accumulés sous l’effet d’une pression saturée et en expansion d’une vaste opération mathématique qui ne se délivre que par intuition. Sortir du chemin sans y penser et pourtant manifestement, rebroussant sa propre construction.
Mourir sans naître et détournant allégrement l’ostensible possibilité de son au-delà à demeurer. Paisible rencontre de n mondes au croisement de la contingence fortuite d’apodictique rupture d’ubiquité. La pesanteur n’y fait pas masse, elle l’extériorise en deçà de son ultime accession. Prolonger chaque ligne sans éparpiller les ondes électromagnétiques du champ permanent à l’horizon duquel et à côté, il se tourne, flétri par la matière en suspension dans son assurance hermétique. Nuée sans bulles d’origine incommensurable posée au travers de sa trajectoire à définir avant qu’elle ne se meuve à l’altérité de son prochain si semblable sur un chemin sans reflet.
Evanescence subjonctive d’un temps suspendu au chemin de son histoire à s’inventer. La recherche sans suite du cristal atomisé pour s’abroger la probabilité qu’il est seul au monde en se distribuant en directive de son noyau éclaté où toute concentration se mêle au vide des éléments qui se relationnent. Entre deux plis sans courbes, une droite élastique glacée mais ruisselante. Détail subtil d’évasion, une forme se glisse, décide là où l’apparence concrète de l’image traversante sautille de stries orangées sur le parcours net d’un possible avenir. Vertige et fragment d’une totalité jamais acquise et subordonnée au détail de l’impressionnable chemin.
Imperfection novice à l’échelle du jalon déposé pour le mesurer un instant juste avant qu’il ne le parcoure, chemin à côté de chemin.
Poudre réduite en cendres, rougeoyante et blanchâtre, des nervures branchent la sphère adipeuse d’un décor de nuit, il parcoure les soubresauts jusqu’à l’aurore des boules qui se renflent, durcissent et éclatent en feu d’artifice de gouttelettes de rosée à l’intérieur et tout prés du dégoulinant fuseau de raies brumeuses qui s’échappent à distance de l’incongruité de son passage. Il creuse la roche dure et ensevelie par la boue prématurée d’une dispersion de fluide arrachée de la gangue agglutinée autour du précipice. Nul sentier ne peut alors l’escalader car déjà la force du torrent ravage les prémices de la pierre première et tombée du crépuscule soudain à surgir et entamer le nouveau tour de bal en spectres minéraux avec le scintillement acide du quartz éparpillé. Il retourne en dévalement au point précis de son milieu sec et déchire le cadre diagonal à ses côtés car en dehors du prémisse de son ferment. Couche après couche, il se modèle substituant la couleur à la forme puis s’oublie. Il ne se rappelle pas de la circonférence léchée et le sédiment sec laissés par tant d’énergie centripète ; des orifices se creusent alors en galeries de lignes ondoyantes et pourvoir en boucles l’insondable précis d’une mécanique perpétuelle, celle du temps traversant l’espace en hyperbole conditionnement par l’ondoiement de son irruption. Des jets onctueux et sans épaisseur transpercent la roche écaillée, détournent la stridence bordurée au seuil de sa remontée. La voie se prononce pour se désaltérer sur son trajet.
Vacillement de lumière sur ombrages blancs donne la perspective colorée de la manière dont il se profile. Files en sens aigu dans un labyrinthe de trames. Laisser-Aller consensuel à la rencontre hasardeuse du trait qui se heurte à la pointe du positron. Il consolide sa moulure et extrait la calme sagacité de surprendre l’autre sens que l’ autre prolégomène lui préface car nul signe l’avertit et il en serait de même si prévenu, il était, ne serait ce que par sa propre information qu’il ne sait d’ailleurs pas déchiffrer, si information il y a car non soumis à s’en pourvoir. Le chaos est tel qu’il transfigure sa source où il ne peut s’abreuvoir, la manifestation de sa tracabilité étant en étroite fonction avec le rien de l’intention de toute façon oubliée car sans mémoire jouxtée.Les cailloux se bousculent et s’enchevêtrent sur un monticule coagulé d’articulations brèves de montée puis roulent dans l’escarpement du bord devenu gouffre puis sommet. Ils glissent dans l’imprévu, sollicitent la confection désarticulée de repères immergés dans le torrent diurne à sa transparence jointe à l’image qu’il réfléchit par manque de consistance et sans cause. Trajet qui fuit de moult degrés à la verticale encablure du rocher qui s’effrite. Mais déjà les contours s’affinent car la chaleur dégagée par chaque traversée permet l’élucidation d’un fondement solide à son achévement. Les relais sont multiples facettes et le polyèdre formé en chaque point par le choc de leur trajectoire profile une substance décousue, des filins traînant et sifflant au carbone azoté et murmurant.
Engorgement précoce de failles imperceptibles dans cet édifice pointu.
Dégradé de noir au gris, palette de bourrelets sous joint de névé. Discernement de filtres dérivant les rayons et leurs prolongements. L’univers peut alors prendre des couleurs car au fond de chaque pointe subsiste l’étrange mélange du configuré vivant.
Claude Costiou-Milopolsky
Visitez le site de l'auteur : http://ternario.artblog.fr/
|