|
Nous sommes en 1653. La guerre entre la France et l’Espagne
s’éternise et épuise ces provinces du Nord qui formeront plus tard la
Belgique.
A Tournai, la vie continue cependant et l’ouvrier maçon Adrien
Quinquin se voit chargé par le curé-doyen Gilles Patte (Aegidius
Pattus) de creuser de nouvelles fondations près des bâtiments de
l’église. En effet, l’hospice paroissial et la maison du trésorier de
l’église Saint-Brice (dont la fondation remonte à 1034) menace ruine
et ces bâtiments vétustes ont besoin d’être rénovés. Alors qu’il
visite le chantier avec deux marguilliers (membres du conseil de
Fabrique de la paroisse), Jean de Berlo et Nicaise Roger, l’abbé
Gilles Patte observe le manège de l’ouvrier Quinquin, le sourd-muet
préposé aux nouvelles fondations. Croyant certainement à un malheur à le voir ainsi gesticuler, le curé se précipite.
Adrien Quinquin venait d’atteindre la roche naturelle, à environ deux
mètres cinquante de profondeur, quand son pic, frappant la terre
humide d’un des côtés de la fosse, met à jour un bijou en or, une boucle.
Continuant à piocher, mais doucement cette fois, il met à jour une
bourse qui libère un flot de pièces d’or et d’argent. Il venait de
découvrir une tombe riche et il ne savait pas encore que son nom
allait passer à la postérité.
Les curieux, bien évidemment, affluent et chacun d’apercevoir, dans
la glaise humide, des objets en or, en argent, en métaux divers. Cette
fosse de cinq pieds carré, qu’on agrandit, révèle à chaque pelleté
d’innombrables objets que tout un chacun peut ramasser, pièces en or
ou en argent, armes anciennes, bracelets et autres petits monuments.
Tout ce que nous connaissons de cette surprenante découverte qui se
révèlera être un tombeau royal mérovingien, celui de Childéric, roi
des Francs, nous le devons aux travaux de l’abbé Cochet (Le tombeau de
Childéric I°, roi des Francs, 1859), mais surtout à l’inventaire,
certes sommaire, qu’en fit le médecin-antiquaire Jacques Chiflet,
présent sur les lieux dès le lendemain, soit le 28 mai 1653. C’est ce
jour là qu’il signale que, parmi les objets retrouvés, figure un sceau
royal, un anneau sigillaire qui permet d’identifier et d’authentifier
immédiatement la tombe. Cette précision est importante, nous verrons
pourquoi. Cette tombe affirme Chiflet n’est autre que celle du roi
Chidéric I°, roi des Francs (458-481), le fils du légendaire Mérovée
et père de l’illustre Clovis et c’est bien le sceau royal qui permet cette affirmation.
Les officiers municipaux interviennent et veulent emmener le trésor.
C’est compter sans le curé-doyen qui fait remarquer que ces objets ont été retrouvés en terre d’église et qu’il compte bien les conserver par
devers lui. Un conflit s’engage et on trouve un compromis. Après
négociations, une partie du trésor restera la propriété de l’hospice
paroissial qui a besoin d’argent pour sa rénovation et une autre
partie, dûment répertoriée va s’en aller dans les caisses de la
municipalité. Parmi ces objets se trouve l’anneau sigillaire déchiffré
et reconnu comme sceau royal de Childéric. Un témoin oculaire, le
chanoine Wendelin, official du diocèse (ecclésiastique envoyé par
l’évêque en cas de conflit) le confirmera à Chiflet. Toutes les
personnalités venues sur les lieux désirèrent avoir une empreinte de ce sceau (annulum regium) c’est ce qui permet aujourd’hui d’en parler.
Une empreinte est ainsi envoyée à l’archiduc d’Autriche
Léopold-Guillaume, gouverneur des Pays-Bas, par le chanoine Jean
Chiflet, fils du médecin-antiquaire Jacques Chiflet, certainement dans
le but de plaire aux autorités les plus élevées et ce qui devait arriver arriva.
Cette empreinte excita la curiosité du fils de l’empereur Ferdinand
II qui exigea l’envoi immédiat de la partie réservée à la municipalité
dans laquelle figurait le sceau royal. Un malheur n’arrivant jamais
seul, la ville de Tournai reçut la visite du prince impérial en
novembre de la même année et personne ne s’opposa à ce qu’il en
reparte avec la seconde partie du trésor, celle conservée par l’église Saint-Brice.
Trois ans plus tard. L’Archiduc Léopold-Guillaume se rend à Vienne.
Il s’arrête à Mayence où il est l’hôte de l’archevêque-électeur
Schoenborn, à qui il montre les objets attribués à Childéric I°.
L’archevêque, plein de bon sens à la fois historique mais aussi
politique, fait remarquer au prince impérial que Childéric était le
père de Clovis et que ce dernier était le fondateur de la monarchie
française, bref qu’un geste envers le roi de France serait le bien
venu en cette période difficile. C’était oublier que l’archiduc
sortait de guerroyer contre Turenne (Henri de la Tour d’Auvergne, vicomte de. 1611-1675).
L’Archiduc refusa et repartit avec « son » trésor pour Vienne.
Le 19 novembre 1662, l’Archiduc Léopold-Guillaume décède. Léopold I°
monte sur le trône impérial et le trésor de Childéric tombe dans son
escarcelle.
Schoenborn revient à la charge. Il fait partie de la Ligue du Rhin
créée par Mazarin et il touche une rente de 30 000 écus. Ceci
expliquant cela. Avec l’aide du confesseur de l’empereur, le jésuite
Brenik, il parvient à convaincre Léopold. Celui-ci a une dette envers
Louis XIV qui venait d’arrêter les Turcs aux portes mêmes de Vienne,
il cède aux instances de l’archevêque-électeur et se dessaisit du trésor de Tournai.
Léopold de Mousseau du Fresne, envoyé spécial de l’électeur de
Mayence, fut chargé de remettre les armes et les bijoux du tombeau de
Childéric I° à Louis XIV. Il fut reçu en audience solennelle au
château de Saint-Germain-en-Laye, le
2 juillet 1665. Ce jour là, le trésor de Childéric entra au Cabinet du
roi de France.
Dans la nuit du 5 au 6 novembre 1831, le Cabinet de Médailles est
cambriolé.
Exit l’anneau sigillaire. De lui ne restent que quelques empreintes ou
les croquis effectués par Chiflet. Cela est suffisant, quelques temps
plus tard, pour qu’une campagne calomnieuse, une véritable cabale
désinformatrice, commence à voir le jour dans certains milieux de la
recherche. L’anneau de Childéric figurait-il réellement dans le tombeau le jour de sa découverte ?
Si non, dans ce cas ce n’est plus le tombeau du roi des Franc, père de
Clovis et de la lignée monarchique française ! N’aurait-il pas été
glissé, postérieurement (sous-entendu par Chiflet lui-même) dans
l’inventaire des objets, lors de leur récupération, pour certains, chez les gens du cru ?
Childéric parlait-il latin ?
Chiflet, qui mentionne l’inscription de l’anneau sigillaire,
CHILDIRICI REGIS, n’ignore pas qu’elle est rédigée en latin et qu’elle
peut donc paraître suspecte. Pour lever ce doute, il cite les
inscriptions retrouvées sur d’autres monnaies des rois francs, en
langue latine. Cela suffit pour rassurer une grande partie de la
communauté scientifique des Antiquaires que cet apport important
d’orfèvrerie cloisonnée inquiétait. A cette époque, on était persuadé
qu’un sceau mérovingien ne pouvait
(logiquement) porter une inscription qu’en écriture gothique. Même le
témoin oculaire, le chanoine Wendelin, avait émis des doutes. Cet état
de suspicion ne concerna pas les Antiquaires de Tournai qui
connaissaient l’histoire de la découverte du trésor, mais plutôt ceux
d’Anvers, ainsi que l’élite des Arts et des Sciences venue de
l’étranger peu ou pas du tout informée. S’il en était devenu ainsi,
c’est que le trésor reçu en dépôt par Chiflet des mains mêmes de
Léopold-Guillaume, à charge pour le médecin d’en faire l’inventaire et
la publication, était à Anvers, la ville où habitait Chiflet. On
imagine la foule des badauds, des curieux, des chercheurs qui dut
défiler chez lui. Même un Montfaucon sera étonné de cette profusion
d’art cloisonné et ira même jusqu’à commettre quelques erreurs dans les représentations qu’il fera des objets.
Mais c’est essentiellement du Révérend James Douglas, qui prit la
tête du mouvement de contestation si l’on peut dire (1793), que
viendront les doutes émis sur l’authenticité du sceau de Childéric et
donc sur le tombeau lui-même.
James Douglas était alors un archéologue compétent et ses études sur
les tumulus d’Angleterre, consciencieuses, sont réputées. Il est donc
naturel qu’il vint à Paris, en avril 1787, afin d’examiner les objets
du tombeau de Childéric, alors au Cabinet du roi. Le conservateur
Barthélémy de Courçay lui remit à cette occasion deux empreintes du
sceau sigillaire. Devant tant d’objets issus d’un même tombeau, la
première déclaration de Douglas fut que tout cela était incohérent et
qu’il lui semblait reconnaître des objets de toutes provenances.
Lui-même, au cours de ses nombreuses fouilles, n’avait jamais
rencontré une telle profusion d’objets et enfin que l’anneau
sigillaire attribué à Childéric présentait toutes les apparences d’un
faux. Ces affirmations, appuyées de l’autorité du savant qu’il était,
firent qu’on en parla dans le Landerneau. Le bruit courut donc que ces
objets n’étaient en fait qu’un ramassis hétéroclite d’antiquités
provenant de la région de Tournai et James Douglas n’hésitera pas à
affirmer que certains d’entre eux auraient été achetés, avec l’argent
de l’archiduc, par Chiflet lui-même ou son fils, allant jusqu’à
suspecter le médecin-antiquaire de supercherie, voire de création de faux.
Cette opinion fut reçue en France comme une vérité, sans qu’il y eut
d’examens complémentaires. C’est ainsi que personne ne remarqua la
légèreté des propos de Douglas qui, au lieu de la véritable légende du sceau :
CHILDIRICI REGIS, va lire CHILD-E-RICI REGIS et porter sur la
représentation qu’il fera du sceau royal : CHILDRICI (revue
numismatique belge 1872 XXVIII). C’est ainsi que le conservateur à la
Bibliothèque Nationale, Legrand d’Aussy, écrivit en 1799 dans un
mémoire intitulé « Des sépultures nationales » :« Ce tombeau découvert en 1653, près de Tournai, et qu’on croit
communément être celui de Childéric, père de Clovis. »
Ainsi que cette autre phrase assassine :
Qu’ «outre le squelette (…)deux crânes humains qui, probablement,étaient ceux d’officiers ou de serviteurs immolés avec lui, de même
qu’un reste de housse
(…) plus de 300 petites figures en or qui représentaient grossièrement
une fleur de lis ou des abeilles, comme l’a cru Chiflet. »
En 1824 le texte est reproduit sans aucune correction, pourtant
Legrand d’Aussy est mort depuis 24 ans !
En 1828, Marion du Mersan publie une petite Histoire du Cabinet des
Médailles dans laquelle il reprend les mêmes termes que son collègue
Legrand
:
« Objets trouvés à Tournai en 1653, dans un tombeau que l’on crut être celui de Childéric.»
Retournement de situation en 1836. Dans une réédition de son livre,
Marion du Mersan corrige ainsi : « Objets trouvés à Tournai en 1653, dans le tombeau de Childéric ; il
y avait dans ce tombeau un cachet en or portant un buste de face avec
l’inscription CHIDIRICI REGIS.»
1838, nouvelle réédition des travaux de Marion du Mersan. On retrouve
mentionné
:
«Quelques objets trouvés en 1653 à Tournai, dans un tombeau que l’on
a supposé être celui de Childéric, père de Clovis, mort en 481.»
Et ceci à propos des abeilles :« …il y en avait une assez grande quantité ; le reste a disparu dans
le vol du
5 septembre 1831. »
Devant tant de légèreté et d’erreurs que nous n’avons pas toutes
relevées, on comprend que les archéologues de la même génération n’y
ont pas prêté attention. Pour eux l’affaire était limpide. Personne ne
pouvait contester l’authenticité du sceau retrouvé dans le tombeau de
Childéric qui identifiait la sépulture. On ne peut comprendre la
suspicion de Marion du Mersan que si l’on se place sur un plan
strictement politique (Restauration et « abeilles napoléoniennes), mais là n’est pas le propos.
De toute façon, l’idée d’un faux est à rejeter comme l’ont démontré
l’abbé Cochet et J. Chiflet. Il aurait fallu que le jour même de la
découverte du trésor (et de l’anneau sigillaire) le faussaire ait su
qu’on allait retrouver, pour les monnaies les plus récentes, 14 aurei
de l’empereur Zénon (474-491) et deux aurei de Basilisque et Marcus
(476-477) qui n’ont pas laissé leurs noms dans la grande Histoire.
Effectivement, on retrouva quelques pièces chez les habitants de
Tournai, on parle de 200 pièces dérobées pour une quarantaine récupérées par Chiflet.
Historiquement on peut placer l’inhumation du roi franc avant 477 et
cette simple constatation, mise en parallèle avec l’anneau sigillaire,
est donc recevable. On expliquerait mal qu’un faussaire ait eu l’idée
de créer un anneau sigillaire à l’effigie de Childéric longtemps avant
la découverte du tombeau et qui aurait justement « coïncidé » avec,
d’une part la chronologie révélée par les pièces d’or et d’argent, et
d’autre part avec l’étude des objets d’orfèvrerie retrouvés que l’on peut dater exactement.
Rappelons que le maçon Quinquin donna un coup de pioche dans une
bourse dont le cuir était en état de putréfaction (nidus rotondior
velut ex aluto putri). Chacun d’entre nous connaît, depuis, les
découvertes archéologiques qui ont été ou sont encore taxées de «
fantaisie » ou de faux. Personne avant 1653 n’avait entendu parler du
sceau de Childéric, ni encore moins de la forme qu’aurait celui-ci
s’il avait existé ! Le faussaire devait donc avoir pour lui un don de
divination extraordinaire, et il est dommage, qu’une fois de plus, ceux qui nous en parlent ne nous en livrent pas le nom.
Même si beaucoup de monuments furent ramassés sans protocole et avec
une grande naïveté archéologique dans une terre remuée à la pelle,
tout cela fut fait néanmoins sans dissimulation, au grand jour et sous
les yeux de nombreux témoins. Le sceau était bien là et Chiflet ne l’a
pas récupéré quelques jours plus tard comme on voudrait nous le faire
accroire. L’anneau est, comme l’épée de Childéric, tout aussi
mérovingien que le reste des objets ramassés ce 27 mai 1653.
En 1876, M. Chabouillet, gendre de Marion du Mersan, abondera dans le
sens donné par son beau-père, quand il parlera des objets sortis du
tombeau de Tournai.
On peut supposer, au regard des pièces exhumées, que Childéric fut
enseveli enveloppé de son manteau d’apparat, ses armes luxueuses
auprès de lui, avec sa couronne et les autres attributs royaux. Ce qui étonne le plus serait la simplicité de la sépulture. En effet le
cercueil était en bois et non protégé des atteintes extérieures. On
aurait dû trouver un sarcophage de pierre pour le moins !
A la suite des premières recherches in situ, on sortit de la fosse
agrandie une grande quantité de terre que l’on sassa et qui révéla
d’intéressants débris qui partirent chez les particuliers. Parmi les
objets rejetés à la pelle par les fouilleurs, Chiflet ramassa des
clous adhérant à des morceaux de bois pourri.
C’est ainsi que l’on comprit l’absence de sarcophage en pierre et que
Childéric n’avait pas été déposé dans un tombeau digne de lui ; ni
tombeau royal, ni mausolée architectural pour souligner son règne. Y
eut-il même un tumulus ou une stèle funéraire ? Rien ne nous l’indique.
Les annales de la ville de Tournai (Histoire de la ville de Tournai.
Poutrain.
Tournai ancien et moderne. Annales de la Société historique de
Tournai.1896) racontent qu’en 882, la ville fut mise à sac par les
Normands et que ce ne sera qu’en 912 que les habitants y reviendront,
d’abord timidement puis plus nombreux afin de reconstruire leur ville.
Comme nous l’avons signalé, l’église Saint-Brice, sur la rive droite
de l’Escaut, ainsi que son cimetière datent de 1034. Aurait-on à cette époque arasé un tumulus ?
En
1653 on ne se souvenait déjà plus de l’emplacement de la tombe du roi
mérovingien, mais ce qui est encore plus étonnant, c’est qu’après des
fouilles déclenchées par la trouvaille d’Adrien Quinquin, le fossé fut
comblé et que fut aménagé sur les lieux un quartier neuf. Il fallut
attendre
1857 pour qu’un érudit local, M. de Nédonchel, se préoccupât de
l’histoire de la ville et essentiellement du tombeau de Childéric I°.
Ce chercheur fit faire des sondages à l’endroit présumé et mis à jour
d’autres ossements, monnaies gauloises et romaines ou fibules de bronze émaillées.
Outre les bijoux et les pièces d’argent et d’or, le tombeau livra une
tête de cheval, ainsi qu’un second crâne humain. Il révéla également
une petite tête travaillée de taureau en or, un bucrane aux cornes
rabattues, sans doute un talisman, et les trop fameuses abeilles
auxquelles nous allons nous intéresser maintenant.
***
Cette seconde partie de notre courte étude sera sans doute moins
conventionnelle et traitera d’une part des abeilles, assez longuement,
puis des autres objets bizarres que nous découvrirons au fur et à mesure.
Les abeilles du tombeau de Childéric ont été récupérées comme
symbole, ou comme voulant être le Symbole des rois mérovingiens, par
une classe de chercheurs de la para-histoire ou de la petite histoire
parfois pleine d’enseignements. En effet, certains auteurs à succès
n’ont pas hésité à prêter un caractère ésotérique à ces
représentations d’insectes hyménoptères aculéates et leurs
exagérations parfois outrancières montrent bien qu’ils n’ont jamais eu
sous les yeux les représentations de monuments retirés de la tombe de
Childéric ou alors que c’est à dessein qu’ils en ont changé quelques détails typiques.
Nous commencerons avec le point de vue, intéressant par ses non-dits,
d’un mouvement qu’on peut qualifier sans exagération ni connotations
singulières de néo-mérovingien, le Cercle saint Dagobert II qui, dans
son numéro 11 (février
1994) de sa revue, nous entretient du mythe des abeilles, de
Childéric, de Napoléon, mais aussi, curieusement, de saint Bernard de
Clairvaux. L’exposé se termine ainsi : « Les abeilles du manteau impérial sont aussi mystérieuses pour moi
qu’elles durent l’être pour le poussiéreux Childéric et pour Napoléon
lui-même, aussi parfaitement indevinable que les énigmes de Salomon ou
les paroles de l’Evangile. »
Le sceau du Cercle représente l’abeille et s’il y avait matière à
exposer l’abeille comme élément essentiel du symbolisme représentatif
mérovingien, le président-fondateur, en l’occurrence monsieur Vazart,
n’y aurait pas manqué.
Cette digression amusante posée, intéressons-nous à une étude plus
difficile, celle de M. le baron de Baye (note sur les bijoux barbares
en forme de mouche) lue lors de la séance du 9 mai 1894 de la Société
Nationale des Antiquaires de France. En compressant fortement ce
texte, ce dont le lecteur ne nous tiendra pas rigueur,nous pouvons
dire que l’Histoire est jalonnée, de l’Orient à l’Occident, d’éléments
non seulement ethniques mais aussi artistiques, traçant comme une voie lumineuse le chemin des invasions.
Le point de départ de cette étude est, bien évidemment, le mobilier
funéraire sorti du tombeau de Childéric. Ce travail d’érudit est plus
particulièrement axé sur les abeilles appelées aussi mouches. Ces
abeilles sont des bijoux en or avec des grenats incrustés ou
cloisonné, ce qui est caractéristique de l’art industriel mérovingien.
Des quelques trois cents abeilles d’or que renfermait le tombeau, il
ne nous en reste plus que deux, depuis le vol de 1831. Mais ces deux
exemplaires sont riches d’enseignements et vont apporter aux
chercheurs des renseignements historiques du plus grand intérêt. Ces
abeilles rescapées sont deux bijoux bien différents, ce que l’on ne
souligne pas assez dans les études modernes et si, pour l’une, le
travail est soigné, voire élégant, que l’on peut comparer avec celui
de l’épée royale, l’autre est beaucoup plus sommaire. Nous verrons ce
que cette constatation va nous apprendre par la suite.
La première
abeille-bijou est effectivement d’un travail soigné, son cou est
strié, le corselet côtelé et strié, et les yeux sont incrustés de
verre grenat. Chiflet appelait ces abeilles : apes oculatae. L’autre
bijou est d’une facture simple, sommaire ; le corselet et les yeux sont absents et Chiflet les nommait : apes coecae.
Nous savons que ces deux abeilles furent recueillies avec leur
quelques 298 consoeurs le 27 mai 1653, il n’y a aucun doute, par
contre, ce que nous ne savons pas, c’est la proportion de ces insectes
dans chacune des deux classes.
Ce que nous savons aussi, c’est que ces abeilles furent ramassées à
deux endroits différents de la tombe et non pas toutes auprès du corps
du roi franc.
C’est là que nous regrettons le manque de protocole et la naïveté des
premiers chercheurs.
Donc, ce qui est remarquable, ce n’est pas tant la finesse du travail
effectué sur les abeilles du genre apes oculatae que l’exécution des
abeilles aveugles
(coecae) au point qu’on s’est longtemps interrogé sur ces ébauches
assimilées parfois bien vite à des proto-fleurs de lis capétiens.
Ces deux techniques d’orfèvrerie renforcent une hypothèse de travail
très sérieuse qui voudrait que les abeilles oculatae devaient orner le
manteau
d’apparat de Childéric, tandis que les simulacres d’abeilles ou de
mouches
auraient habillé la couverture et le harnachement du cheval royal dont
la tête figure dans l’inventaire de Chiflet.
Diverses fouilles sur les sites mérovingiens ont livré des plaques et
des contre-plaques de ceinturons, en bronze étamé, avec dessus des
dessins en creux considérés comme des réminiscences des abeilles de
Childéric.
Si dans ce cas là il ne s’agit pas de bijoux-abeille proprement dit,
l’ornementation d’une plaque de ceinturon avec cet insecte devait,
cependant, revêtir une certaine importance.
M. le baron de Baye de signaler, qu’à son époque, il ne connaît de
bijou à la ressemblance des mouches-abeilles de Childéric et issu du
sol de France, que la fibule de Lyon en or incrustée de grenats.
Les érudits de cette époque n’hésitaient pas devant de longs voyages
si la recherche en valait la peine. C’est ainsi que M. le baron de
Baye se rendit au musée national hongrois de Budapest qui détenait une
importante série de broches en forme de mouche ou de cicades
(cigales). Elles provenaient de Transylvanie appelée au III° et IV° siècles ; la Gothie.
D’autres représentations étaient originaires de la Pannonie et des
régions adjacentes.
Il put constater que certaines parures en bronze, en argent ou en or
enrichies de grenats se rapprochaient des abeilles de Childéric. Ces éléments variés, en conclut-il n’en formaient pas moins une famille
remarquable.
Si nous passons de la Hongrie aux côtes de la mer Noire ou de la mer
d’Azov, nous trouvons de nombreux documents comparables et de valeurs
identiques. La Crimée, par exemple, a fourni de nombreux exemples
prouvant qu’après la décadence des colonies grecques, un art différent s’était formé.
« Ce nouveau venu, tout en conservant quelques procédés industriels,
quelques caractères ornementaux de son devancier, revêtait
l’originalité du style apporté plus tard par les Barbares en Dacie, en
Pannonie, etc. et enfin en Gaule. »
A Saint-Pétersbourg existait une paire de fibules semblables,
provenant d’un tombeau ouvert dans une nécropole, près de Chersonèse.
D’autres bijoux-abeille sont à ranger dans la même catégorie
quoiqu’on puisse y voir une dégénérescence certaine. Sur ces bijoux la
tête de l’insecte est exagérément grossie et les lignes de formes
exagérées; l’extrémité des ailes se recourbe légèrement et le tout est
en or et pierreries.
Fibules à rayons, fibules à tête d’oiseau héraldique se retrouvent
donc dans le Caucase et un dernier exemple fermera cette énumération.
Il s’agit d’une fibule-mouche ossète, en argent, revêtue d’une plaque
d’or. Les yeux sont formés de sardoines et les ailes refermées sont
ornées de semblables pierres ; leur extrémité est recourbée.
Le travail de M. le baron de Blaye comprend une note additionnelle
sur deux mouches ; l’une provient du comté de Suffolk, extraordinaire
d’aspect, et l’autre, qui provient de Chersonèse. Ces deux monuments
ne sont pas sans rappeler la forme royale capétienne.
Ainsi ces mouches, ces abeilles ou ces cigales restent et resteront
un mystère, des objets insolites comme d’autres dont nous allons
parler dans la suite de cette étude. Mais pour l’instant, je ne peux
résister au plaisir de vous faire partager une anecdote qui clôture
l’étude du Cercle néo-mérovingien citée plus haut :
« Une légende corse dit qu’à la naissance de l’empereur Napoléon I°,
une reine et un essaim d’abeilles virevoltaient devant la fenêtre de
la chambre ; La reine entra, se posa quelques instants sur le
nourrisson futur empereur et redécola. Par cet acte, elle donna ce
signe de prédestination que seuls reçoivent les êtres ayant reçu mission de conduire une Nation. »
Cette légende est révélatrice d’une certaine pensée contemporaine,
surtout si, en connaisseur, on observe le parallélisme évident comme à
dessein, entre l’abeille mérovingienne de la ville de Stenay et la
représentation de l’abeille du razès wisigoth (et par induction de Rhedae).
Mais ceci est une autre histoire.
Je préfère rester sur une conclusion d’Edouard Salin (La civilisation
mérovingienne. Tome 4 : les croyances) :
« La cigale mérovingienne évoque l’idée d’immortalité et elle est
plus ou moins, indirectement, un héritage de traditions venues
d’Extrême-Orient apportées par le monde des steppes. »
Au milieu des débris, on retrouva une tête de cheval au complet
(capitis, ossa, dentes et maxillae), une boule de cristal, un bucrane
talismanique et une petite tête humaine.
Occupons nous tout d’abord de cette tête de cheval dont certains érudits contestèrent la présence dans la tombe de Childéric tandis que
d’autres opéraient des amalgames surprenants :
« Le taureau et l’abeille sont en effet reliés entre eux par le mythe
et l’étymologie. Car Apis est à la fois le nom latin de l’abeille et
celui du dieu-taureau dont le culte se répandit depuis l’Egypte
jusqu’en Grèce, où Apis passait pour le premier roi légendaire.»
(Gérard de Sède : La race fabuleuse.
1973).
La plupart des érudits qui émirent un avis défavorable ne rejetaient
pas vraiment la présence de la tête, mais plutôt l’absence de corps,
car pour eux, à l’exemple de l’étude de Jules Pilloy (Etudes sur
d’anciens lieux de sépultures dans l’Aisne. Tome 3), lors de la mort
du chef, il était d’usage de sacrifier son cheval (et accessoirement
quelques personnes de son
entourage) et de le placer, en entier, dans la tombe. Au risque de
nous répéter, il convient de rappeler que, dans la tombe de Childéric,
il n’y avait que la tête du cheval, harnachée (on contesta longtemps
certaines pièces qu’on avait tout d’abord prises pour des bijoux alors
qu’il s’agissait, par exemple, pour « l’anneau de Childéric » d’un
anneau de sursangle d’ailleurs parfaitement décrit par Chiflet :
« Ad extrema cingulae latioris equi regii pertinebat, quam hodieque
supercingulam appellamus. »
qui s’explique par le peu de profondeur de la tombe, ce qui est du
reste surprenant et on peut imaginer une inhumation rapide.
Il semble d’ailleurs que la tête seule devait parfois suffire pour
que la tradition rituelle soit respectée. Et nous ne quitterons pas ce
point particulier sans faire référence au dictionnaire des symboles
qui disserte longuement sur la croyance associant originellement le
cheval aux ténèbres du monde chtonien :
« Fils de la nuit et du mystère, ce cheval archétypal est porteur à
la fois de mort et de vie, lié au feu destructeur et triomphateur, et à l’eau nourricière et asphyxiante. » (Dictionnaire des symboles. J.
Chevalier et A. Gheerbant).
Le second objet découle du « bracelet » ouvert attribué à Childéric,
car ce bracelet qu’on prenait aussi pour un bijou n’était en fin de
compte qu’un anneau de suspension pour la boule de cristal dépourvue
d’armature et découverte elle aussi dans la tombe. C’est certes un
objet étrange, mais à première vue. Gérard de Sède n’hésite pas à en
faire une boule de cristal (comme celle utilisée par les voyantes sur
les foires) et cela « marche » bien auprès du lecteur:
« Les anciennes chroniques prétendaient déjà que le fils de Mérovée,
initié par sa femme Basine aux sciences secrètes, savait l’art de
prédire l’avenir et qu’il avait été instruit par des songes de la
destinée tumultueuse de sa race. La découverte, dans son tombeau, de
la boule de cristal, instrument par excellence des voyants,semblait
donner à cette légende un certain crédit. »
La sphère, nous dit Edouard Salin (La civilisation mérovingienne.
Tome 4. Les croyances), passait pour posséder des vertus «
phylactériques » et magiques et celui qui la détenait, obtenait le don
d’invisibilité. On retrouve des représentations du cristal, appelé
aussi « boule magique » sur des plaques-boucles, comme celle du
Mont-sur-Lausanne (7° siècle) où les gueules du dragon bicéphale
s’ouvrent sur elle ou sur une fibule du Gotland
(6°siècle) qui montre un cheval coiffé de cet autre objet énigmatique
qu’est le croissant bouleté et qui tient dans sa bouche une boule.
Toujours selon Salin, ce serait par le canal des steppes que le thème
asiatique de la boule magique serait arrivé en Occident et plus particulièrement en Scandinavie.
La figuration d’un hyppogriffe caucasien qui tient une telle boule
dans sa gueule, le confirmerait si besoin était.
Observons donc cette boule et cessons de nous émerveiller aux rêves
cristallins. Dans les sépultures mérovingiennes, on rencontre la boule
magique sous la forme d’une petite sphère (diamètre 2,5 cm à 5,5 cm)
ou sous la forme d’un ellipsoïde qui appartient au mobilier funéraire
de la Gaule du Nord et de l’Est. Ainsi savons-nous que la tombe de
Childéric n’a pas l’exclusivité d’une telle boule, même de cristal
(diamètre 4,5 cm). Des fouilles menées près d’Arras (Pas de Calais) ou à Corbie (Somme), à Caranda (Aisne), à Moineville ( Meurthe et
Moselle), à Blesme (Marne), à Vicq, près de Montfort l’Amaury (Seine
et Oise), à Paley (Seine et Marne), à Suresne, mais aussi en
Angleterre et en Italie ont toutes révélé de semblables objets qui
passaient pour posséder des vertus « phylactériques » sensées protéger
des maux divers comme les envoûtements, le mauvais sort, la fièvre,
les hémorragies ou le mauvais œil, etc. Ces boules sont en cristal,
mais aussi bien en fer météorique (Paley), en hématite (Caranda), en
topaze brûlée
(Cologne) ou en calcédoine. Aucune de ces boules n’est percée et
certaines (Tournai, Moineville) ne présentent pas de montures, ce qui
ne veut pas dire qu’elles n’existèrent pas. Ces boules sont montées
sur des dispositifs en or (Arras, Alzey), en argent doré (Paley
Corbie) et l’usure relevée sur le dispositif de suspension témoigne du
battement de la boule au bout d’un cordon. On sait aussi que le
guerrier, parfois, coiffait son casque d’une telle boule et celle-ci
devenait probablement cet objet-talisman appelé « pierre de vie ».
Parmi les bijoux intéressants figurait aussi une petite tête de
taureau en or que Chiflet considéra comme étant « l’idole du roi ».
Nous n’allons pas évoquer le symbole du taureau, ni comme emblème
religieux ni comme incarnation des forces chthoniennes car le monument
qui nous intéresse ici n’est qu’une amulette, certes particulière,
mais qui, effectivement, ne doit être regardée que comme telle.
Cette tête n’était destinée qu’à être vue de face. Elle porte toutes
les caractéristiques bovines, la particularité d’avoir les cornes
rabattues (d’autres représentations ont parfois une corne relevée et
l’autre rabattue,
etc.) et, au milieu du front un signe tournoyant qui peut être soit
une roue ou un cercle à neuf rayons, soit aussi un soleil. C’est un
motif difficile à comprendre ainsi positionné sur un bucrane. Le tout
est rehaussé de verroteries
grenat. Au dessus de la tête, entre les cornes, on peut voir, sur la
représentation qu’en a donnée Chiflet, l’orifice d’une cavité
demi-circulaire.
La partie postérieure est plate, sans ornements et est munie de trois
agrafes.
Cette tête de taureau n’est pas non plus particulière au tombeau de
Childéric, on en a retrouvé en Crimée, faites d’or et munies de leur
anneau de suspension, ou en Chaldée, fabriquées en différents métaux,
mais aussi en Crète, aux îles Baléares, à Mycène, à Carthage, etc.
C’est peut-être de l’Egypte que proviennent ces amulettes en forme de
bucrane et celle de Childéric servait sans doute de phylactère,
contenant dans la partie creuse une invocation, des signes ou des
lettres particulières dotées d’un pouvoir sacré, salvateur, etc. Cette
formule magique était sans doute inscrite sur une feuille d’or ou
d’argent comme celle retrouvée à Reims et qui, une fois déroulée,
montra des signes ou caractères qui la classe bien dans les formules
magiques, sans doute une protection contre le mauvais œil ; cette
feuille d’argent pesait 5 grammes et ses dimensions étaient : en longueur, 8 cm et en largeur, 2 cm 6.
Malheureusement à Reims on n’a pas retrouvé l’étui dans lequel on la
plaçait.
Perrot et Chipiez (Histoire de l’art dans l’antiquité. Tome 5)
mentionnent une tête de taureau-amulette au musée du Louvre, en électrum (alliage naturel d’or et d’argent), formant aussi un petit
coffret, avec la rosace tournoyante sur le front.
L’amulette de Childéric est munie de trois fixations au dos et, si
l’idée première voudrait que ce bijou ait été porté par le roi, il
nous faut vite l’abandonner, car Chiflet nous dit bien que ce petit
bijou ornait le fronton de la têtière du cheval. C’est un constat sur
lequel on ne peut revenir et pourtant, chose étrange, l’abbé Cochet
n’y croit pas ! Il va même jusqu’à soupçonner Gille Patte : « Nous ne voudrions, certes, pas accuser de mystification le
vénérable doyen de la chrétienté de Tournai, cependant nous ne pouvons
le décharger de tout soupçon d’erreur ou d’illusion. »
Et pourtant le doyen Gille Patte affirma, début novembre, à
l’archiduc Léopold-Guillaume, qu’il avait lui-même détaché ce petit
bucrane-talisman de la têtière (capistrum) qui ornait la tête du cheval.
N’oublions pas que de nombreux témoins ont confirmé que la tête du
cheval était bien dans le tombeau et revêtue de sa bride enrichie
d’ornements divers et que la housse ou la couverture (ce qui en
restait du moins) avait dû être placé sur le cercueil.
Il nous reste deux mots à dire sur la petite tête humaine recueillie
dans la tombe. D’aucuns pensent qu’il s’agit de la tête de la reine
Basine ou de celle d’un jeune écuyer. Des études sérieuse ont démontré
l’inanité de telles assertions, aussi nous ne nous y attarderons pas.
Ce que nous pouvons tenir pour vrai, c’est que la coutume franque
voulait, lorsque l’on découvrait des ossements à l’endroit de la
nouvelle sépulture, qu’on en plaçât soit le crâne, soit les tibias,
etc. ou sur le nouveau cercueil ou à l’intérieur de celui-ci, aux
pieds du cadavre (il pouvait même y avoir plusieurs crânes « récupérés » et placés dans le même tombeau).
Personnellement, nous nous en tiendrons à cette coutume.
Cette brève étude sur le tombeau de Childéric est close.
J’espère que
la découverte, cette fois-ci par le lecteur, du tombeau de Childéric
I° roi des Francs lui donnera un avant goût de l’archéologie évènementielle, de ses tenants et aboutissants, dans ce cas bien
précis des recherches pouvant remonter jusqu’à l’Egypte pharaonique,
la magie des anciennes civilisation, les relations entre les peuples,
les objets énigmatiques comme ces amulettes-bijoux mais aussi pour les
pierres gravées (intailles magiques), etc.
Pour terminer, je citerai André Bernand (Sorciers grecs. Pluriel
1991) :
« Les trois principaux types de documents donnant accès au monde des
sorciers grecs, à savoir les papyrus magiques, les tablettes
d’envoûtement et les amulettes, posent trois problèmes : celui des
influences qui se sont exercées pour constituer ces croyances, et ces
rites adoptés par les Grecs ; celui des catégories sociales qui, dans
les cités grecques, ont eu recours à ces procédés ; celui des rapports
entre les vivants et les morts pour l’exercice de cette magie. ».
Remplaçons les mots « grec(que)s » par mérovingien(ne)s et le
problème reste entier.
par
Daniel Castille
|