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Compagnonnage
Le compagnonnage,
nommé Devoir jusqu'au XVIIe s., remonte au Moyen-Âge : le rituel et la symbolique
des compagnons, nés parmis les travailleurs du bâtiment, sont décelables
à l'époque des grands chantiers des cathédrales.
Pourtant, bon nombre de compagnons ont fait remonter leur association à la construction
du temple de Jérusalem.
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L'histoire
du compagnonnage sort de l'ombre au XVIe s.
Il semble qu'une scission grave ait été provoquée par la Réforme entre dévoirants
ou dévorants, fidèles au catholicisme, et gavots, plus ouverts aux nouveautés.
Les compagnonnages se manifestent alors dans tout le royaume (particulièrement
au sud de la Seine), et dès 1539, l'ordonnance de Villers-Cotterêts interdit
aux ouvriers de " cabaler pour se placer les uns les autres chez les maîtres
". |
| Ces associations
ont en effet un but essentiel, assurer dans le monde du travail une forme
élémentaire de solidarité, à une époque où l'ouvrier doit affronter un environnement
hostile : la ville inconnue, où l'embauche est difficile pour un "étranger";
le patronnat local, qui joue de la concurrence ; et aussi l'isolement dans
cette France cloisonnée en états, où l'on est reconnu que si l'on appartient
à un corps. |
| Les compagnons
forment des sociétés hiérarchisées d'initiés où l'on entre après sélection
et une série d'épreuves techniques, physiques et morales. Après une période
de probation où il est plus ou moins surveillé, le candidat est admis au
cours d'une cérémonie solennelle et devient " aspirant ". A la suite de
la présentation et de l'examen du chef-d'œuvre, l'aspirant est reçu au rang
de compagnon lors d'une cérémonie comportant un serment, un baptême, l'instruction
de mots de passe et de signes manuels, ainsi que l'attribution d'un nom
nouveau: ce nom est composé du nom de la province ou de la ville natale
du compagnon et d'une qualité qui lui est reconnue (ainsi David Morel est-il
devenu "Vannois l'Exemple de la Sagesse "). |
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| jusqu'au début
du XXe s., tout compagnon "reçu" doit faire son tour de France, qui dure
de 2 à 7 ans. Dans chaque ville d'étape, le compagnon voyageur est reçu
dans une maison d'accueil, la cayenne ou " chambre ", tenue par la "mère"
: à la fois aubergiste et surveillante des mœurs, la mère est, elle aussi,
initiée selon des rites particuliers. Chaque cayenne a son rouleur ou rôleur
chargé de faire embaucher l'" arrivant " ou, à défaut, de réunir une cotisation
de solidarité, le viatique ou "secours de route ", qui lui permettra de
poursuivre sa route jusqu'à la ville la plus proche. Une rigoureuse discipline
est imposée aux résidents, et le conseil des "anciens" veille soigneusement
sur la conduite et la moralité des compagnons. |
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Les statuts
des Devoirs proscrivent la négligence vestimentaire aussi bien que la malhonnêteté.
L'organisation du tour de France ne procure pas seulement à l'ouvrier un
foyer et un travail rétribué, il lui fournit aussi, et lui fournit encore,
le moyen de se perfectionner dans son métier. L'enseignement supérieur dispensé
chez la mère est destiné à le rendre capable de faire, s'il le désire, son
chef-d'œuvre. |
La valeur technique
des compagnons a fait et fait d'eux des ouvriers exceptionnels, auteurs des
réalisations manuelles les plus remarquables. Lorsque l'ouvrier rentrait de
son tour de France, se mariait ou s'établissait à son compte, il " remerciait"
la société tout en restant attaché à ses membres et à son esprit et prenait
rang parmi les " anciens ". |
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