L’HERESIE
TELLE QUE L’HISTOIRE L’ENSEIGNE.
L’hérésie
des antiques gnostiques, transmise par la Grèce, arriva
en Italie, plus sous la forme d’une perception intuitive qu’en
l’état d’idée pure. De l’Italie elle gagna la France.
C’est ainsi
que, vers 820, un des enseignants et commentateurs des Ecritures,
dans l’école fondée par Charlemagne et qui fut proposé
pour le siège épiscopal de Turin par Louis le Pieux,
se mit à ôter les Images et briser les Croix qui
ne devaient pas, dans son esprit, remplacer le culte dû
à Dieu seul. Il décréta qu’il n’y aurait
plus ni saints, ni lampes cérémonielles, ni pèlerinages
et en vint ainsi à soutenir des opinions contraires concernant,
entre autres idées premières, la divinité
du Verbe. Cette position, on s’en doute, émut les diocèses.
Un avertissement de Pascal I° (817-824), à la suite
des plaintes de nombreux évêques, ne trouva aucun
écho, tandis que de nombreux textes rédigés
tant en Gaule qu’en Irlande vinrent défendre l’antique
coutume établissant la différence entre le culte
des saints et des anges et celui rendu à la divinité.
L’hérétique refusa de comparaître devant un
synode, qu’il réfuta d’ailleurs en le qualifiant de “ congregationem
asinorum”. Il eût le bon goût de mourir en 830.
Quelques années
plus tard, Pierre, évêque de Padoue, décrit
une secte “rédemptioniste” qui ne sera éradiquée
que 50 ans plus tard par l’évêque Gozzolino.
Héribert
de Cantù, archevêque de Milan, (1018-1045) apprit
qu’il existait au château de Montfort, près d’Asti,
quelques hérétiques dont il cita le chef du nom
de Gérard à comparaître.
“Nous croyons au Père, au Fils et au Saint-Esprit qui,
seuls, ont le pouvoir de lier et de délier; le Père
est éternel, en qui et par qui, toutes choses existent;
le Fils est l’esprit de l’homme que Dieu aima; le Saint-Esprit
est la connaissance des Sciences divines, suivant laquelle toutes
choses sont ordonnées; nous ne reconnaissons pas l’évêque
de Rome ni aucun autre, mais seulement celui qui, chaque jours,
visite nos frères dans tout le monde et les illumine, et,
lorsqu’il est envoyé par Dieu, on trouve près de
Lui le pardon des péchés. Nous gardons la chasteté
bien que mariés; nous ne mangeons pas de viande, nous observons
un jeûne rigoureux; nous lisons chaque jour la Bible; nous
prions beaucoup et nos anciens se succèdent nuit et jours
dans l’oraison; nous mettons nos biens en commun; il nous est
doux de mourir au milieu des tourments pour éviter les
châtiments éternels.”
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