Chapitre I : Etude comparée des auteurs.
Chapitre II : L’explication d’Hammer-Purgstall sur le Baphomet.
Chapitre III : Mais qui sont donc ces ophites que nous rencontrons
par le biais des coffrets de l‘Essarois ?
Chapitre IV : la representation du Baphomet par
M. Héron de Villefosse
C’est M. Héron de Villefosse qui fit connaître
en 1900 ces deux représentations dites du baphomet
templier que les membres de l’Ordre du Temple aurait révéré lors
d’assemblée secrètes, lui rendant hommage avec des formules mystérieuses.
fig. A
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"Haute de Om 136, la figure en question
est debout sur une petite base très étroite, les deux bras pendants
et collés le long du corps; le relief du corps est indiqué légèrement
par devant. La tête est celle d’un veau, munie de poils en arrière,
ornée de chaque côté de cornes pendantes et adhérentes au crâne dans
tout leur développement.Le torse est celui d’un homme, avec l’indication
de son sexe. Les jambes sont entièrement garnies de poils et terminées
par des pieds fourchus (voir le croquis A de la face antérieure)."
Le revers de la figure est plat.
Un peu au-dessous de la ceinture
se déroule une bande d’étoffe qui emprisonne les deux poignets, plaqués
le long du corps, comme pour les maintenir dans cette position; mais
elle ne revient pas en avant sur le ventre.
Cette bande d’étoffe porte une
inscription en relief qui semble incompréhensible:

"Une seconde inscription du même
genre est tracée au milieu du dos et dans le sens de la hauteur de la
figure; elle est aussi en relief:

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fig. B
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"On dirait, cependant, que le faussaire
a voulu indiquer ici une date (anno domini ?) MCLVI = "1156" [Héron de Villefosse écrit 1158], date qui correspondrait
à l’époque de la puissance des Templier (voir croquis B de la face postérieure)."
Ce curieux monument est à rapprocher de deux
autres figures toutes aussi curieuses. La première de ces deux autres représentations
porte inscrit le mot baphomets au dessous du socle; l’idole a la tête et les
extrémités inférieures d’un bélier, le corps est celui d’un homme. Ce petit
monument est répertorié dans le catalogue des antiquités de l’abbé Campion,
1819, et mesure 0m 135.
La seconde statuette aurait été apportée de
Grenoble venant du Piémont. La provenance paraît douteuse, voire aussi fausse
que peut l’être cet exemplaire du baphomet. Il est cependant certain que la
fabrication de cette statuette remonte au début du XIX° siècle, vraisemblablement
à l’époque où parut le pamphlet de Hammer contre les Templiers, Mysterium
Baphometi revelatum seu Frater militae Templi, qua Gnostici et quidem Ophiniani
apostasiae, idoloduliae et impuritatis convicti per ipsa eorum monumenta auquel
répondit Raynouard dans le Journal des Savants, 1819 (Héron de Villefosse).
Il existe bien d’autres statuettes quasi identiques,
du style barbare et attribuées aux Sardes. Toutes ont un faciès bestial; certaines
de ses statuettes sont porteuses de caractéristiques féminines et une ceinture
entoure leur taille. On découvre sur les unes des inscriptions, sur d’autres
des motifs ornementaux différents (coquilles, coiffes, jupons, cornes, etc.)
mais toutes sortent vraisemblablement du même atelier.
C’était l’époque du renouveau templier, il
fallait aider quelque peut cette résurrection.
L’Ordre du Temple tenta, au début du XIX°
siècle, de retrouver son autonomie et, pour cela, de hautes personnalités,
issues très certainement du gouvernement impérial, encouragèrent une résurrection,
sinon tout à fait secrète, du moins assez discrète.
En encourageant ainsi ce renouveau templier,
dont on assure que Napoléon en fit partie dès 1805 (Maillard de Chambur,
Règle et Statut secrets des Templiers. Grégoire, Histoire des sectes religieuses.
O de Lavigerie, L’Ordre de Malte depuis la Révolution française), le gouvernement
impérial espérait se soustraire aux influences russe et anglaise.
En 1805, l’Ordre du Temple, rénové, se sentit assez puissamment structuré
pour s’affirmer à nouveau dans le siècle. Il fut alors décidé de proclamer
sa résurrection et son existence réelle.
Le 28 mars 1858,jour anniversaire de
la mort brutale du dernier grand maître Jacques de Molay, un service solennel
fut célébré dans l’église Saint-Paul et Saint-Antoine de Paris,
en présence d’une foule nombreuse composée plus de curieux que de gens pieux.
En effet, le spectacle en valait la peine et la nef à elle seule imposait
le déplacement. Elle était entièrement tendue de blanc et décorée de croix
rouges du Temple. Dans le choeur s’élevait le cénotaphe de Jacques de Molay,
orné des insignes de son rang (grand maître de l’Ordre du Temple) et des Palmes
dites triomphales. Les chevaliers et les délégués de la garnison de Paris
l’entouraient, en tenue de deuil.
L’Absoute (absolution solennelle) fut donnée par l’abbé Clouet, chanoine
de Notre-Dame, revêtu du costume prescrit aux ecclésiastiques soumis à la
Règle du Temple. Le chanoine Clouet était un des hauts dignitaires de l’Ordre,
et c’est à ce titre qu’il prononça l’oraison funèbre, tandis qu’à l’extérieur,
plusieurs bataillons d’infanterie rendaient les honneurs militaires.
Le 27 avril 1810, un décret du grand maître Bernard Raymond,
contresigné par le secrétaire F. Auguste Savinien de Lorraine, autorise
le conseil statutaire à établir des convents dans les commanderies des différentes
villes (bailiage de Bourgogne, du Languedoc, du Pièmont et de Dalmatie).
Le grand maître des nouveaux Templiers était,
depuis 1804,Bernard Raymond Fabré Palaprat,médecin né en 1773 à Cordes
(Tarn). Il avait succédé au régent Chevillon à qui le grand maître
de Cossé-Brissac avait remis ses pouvoirs en 1792. CQFD.