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le Baphomet : l'idole des Templiers - Chapitre III
Mais qui sont donc ces ophites que nous rencontrons
par le biais des coffrets de l‘Essarois ?
Etude par D. Castille
Presentation
Chapitre I : Etude comparée des auteurs.
Chapitre II : L’explication d’Hammer-Purgstall sur le Baphomet.
Chapitre III : Mais qui sont donc ces ophites
que nous rencontrons par le biais des coffrets de l‘Essarois ?
Chapitre IV : la representation du Baphomet par M. Héron de Villefosse
La philosophie religieuse des Templiers, ou
plutôt de ces Templistes que l’on soupçonne d’avoir créé un ordre dans l’Ordre
avec ses grands maîtres occultes, s’apparente au gnosticisme, point de départ
d’une philosophie religieuse chrétienne qui inquiéta Rome en son temps.
De leurs séjours en Orient, des contacts noués avec les savants "infidèles"
ou avec des sectaires plus ou moins ésotéristes, les Templiers ont ramené
des bribes d’un enseignement jusque là inconnu en Occident.
Avec ces idées nouvelles et certaines mesures
réputées étranges, quelques frères vont parfaire leurs implantations territoriales
et bâtir certaines maisons, églises ou commanderies. Est-ce d’une théorie
zoroastrienne qu’ils vont tirer l’essentiel de leurs idées nouvelles ?
Matter, qui utilise le mot syncrétisme
pour cette nouvelle philosophie, pense que le gnosticisme "introduit
dans le christianisme des spéculations cosmologiques et théosophiques des
anciennes religions orientales: philosophie de Platon et de Philon, Zend Avesta,
tradition des Mystères de Samothrace, d’Eleusis et de l’Orphisme." (Dictionnaire
des religion-Gnosticisme).
Des érudits vont rattacher les templiers à
la Samarie (entre Jérusalem et Nazareth) lieu origine de la Gnose chrétienne,
faisant du même coup apparaître Simon le Mage, le rival du Christ, essénien
sans doute et possédant des dons paranormaux à l’instar de son "homologue"
précité ***.
Bousset (1907) va ouvrir, quant à lui,
une voie « orientalisante» et dégager clairement l’influence iranienne, à
savoir le dualisme radical (le manichéisme), un dualisme mitigé qu’on retrouve
dans le mithriacisme et le dualisme baptiste.
A l’époque templière, on ne peut vraiment plus
parler de Gnose. Celle-ci s’est délitée dans le courant de l’Histoire en de
multiples philosophies sectaires. Seules deux mouvances sont encore proches
des racines babyloniennes et de la mythologie astrale, le manichéisme et le
mandéisme. On y retrouve encore les "émanations", les ténèbres,
la lumière, l’ascension de l’âme, les sept cieux, les sept archontes, etc.
Ces quelques détails typiques, nous les retrouvons
dans les dépositions des frères templiers.
L’hermaphrodisme était le symbole de la force
plastique et de la force reproductrice et il n’est donc pas étonnant que certaines
sectes gnostiques aient fait de la Terre ou de Cybèle, un même EON que la
SOPHIA. (Prendre connaissance de la "Chronique des derniers païens"
de Pierre Chuvin. Fayard 1990 et 1991. 2° partie, XIII, page 193, la dernière
ronde des dieux.)
*
Au II° siècle, Bardesanes, de la ville
d’Edesse, appartenait à la secte gnostique valentinienne. Dès son retour d’Inde,
il donne la description de Brahma, dont nous ne retiendrons que le
tout début, qui s’accorde avec notre recherche:
"Le dieu créateur, sous la figure d’un hermaphrodite avait à sa droite
le soleil et à sa gauche la lune...".
C’est, à ne pas y croire, la représentation qui figure sur le coffret de l’Essarois!
Saint Irénée, très au fait du gnosticisme
simonien ou valentinien, s’attaque à la doctrine lorsque le danger de l’hérésie
entreprit de remonter la vallée du Rhône. Il réfuta l’erreur de Basilide,
le prédécesseur de Valentin, et démontra l’absurdité du système philosophique
compliqué de celui-ci. La doctrine était en effet basée sur l’existence de
365 cieux, mais aussi sur la guématrie. Comme un lecteur curieux peut retrouver
aisément l’essentiel de cette doctrine compliquée dans tout bon dictionnaire
de théologie, nous ne développerons pas plus avant celle-ci.
Saint Jérome, quant à lui, a soupçonné
une relation intime de cette doctrine avec le culte oriental de Mithra, car,
disait-il: " Basilide appelle le Dieu tout puissant du nom monstrueux
d’Abraxas et il prétend que, selon la valeur des lettres grecques et le nombre
des jours du cours du soleil, Abraxas se trouve enfermé dans son cercle. Le
même, selon la valeur d’autres lettres est appelé Mithras par les Gentils".
Mithra(s) et Abraxas, identifiés à Jésus comme Soleil de Justice, cela plût
énormément aux Basilidiens et aux successeurs.
L’Abraxas est aussi connu des Antiquaires
sous le nom de pierre basilidiennes. Ces pierres sont appelées ainsi car elles
portent souvent le mot ABRAXAS, mais aussi MIT(H)RA ou le célèbre ABRACADABRA.
Elles sont aussi gravées d’images étranges, de figures bizarres et zoomorphes,
symboliques comme l’Abraxas à tête de coq, buste humain et jambes serpentiformes.
Tous ces Abraxas sont monstrueux et tous portent un message indéchiffrable,
des signes "cabalistiques", des allusions à des rites ou des croyances
ésotériques. C’est certainement là un langage d’initiés ou un ancien et gigantesque
canular.
Ces Abraxas seraient des talismans et étaient donc dédiés à telle ou telle
autre divinité protectrice, et parfois un sceau, comme celui (semble-t-il)
d’André de Coloors, précepteur du Temple en France de 1208 à 1219, portait
la représentation du Temple de Salomon tandis que le contre-sceau portait
l’Abraxas.
Voilà donc ce qui devait être dit sur les rites
secrets des Templiers, les relations qu’ils durent entretenir avec les Gnostiques,
le message qu’ils véhiculèrent sous le symbole du Baphomet ou de l’Abraxas
à tête de coq et aux jambes serpentiformes.
D. Castille
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